L’annonce par le président américain Donald Trump, le 8 mai 2018, du retrait américain de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran (PAGC) et du rétablissement des sanctions contre l’Iran a bénéficié d’un large soutien de la part de l’Arabie saoudite et d’autres pays arabes. L’Arabie saoudite a officiellement annoncé qu’elle saluait cette annonce, la qualifiant de vitale au vu des défauts inhérents à l’accord et du fait que l’Iran en a profité pour développer son programme de missiles balistiques et pour soutenir les organisations terroristes au Moyen-Orient. Le communiqué saoudien a également exprimé l’espoir que la communauté internationale adopte une position tout aussi ferme vis-à-vis de l’Iran.

Des officiels saoudiens, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir et l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis Khaled bin Salman, ont exprimé sur Tweeter des sentiments similaires, et la presse saoudienne a publié de nombreux articles et caricatures sur le sujet.

L’Egypte, les EAU et Bahreïn ont publié des communiqués exprimant leur soutien à la décision de Trump de quitter le PAGC, et soulignant les défauts de l’accord.

L’éditorial du quotidien saoudien Al-Riyadh : La décision de Trump est un événement historique ; l’Iran doit renoncer à son attitude agressive

Editorial du quotidien gouvernemental saoudien Al-Riyadh du 9 mai 2018, intitulé “Washington a son mot à dire” :

L’annonce par le président américain Donald Trump du retrait de son pays de l’accord sur le nucléaire iranien est un événement historique important sur le plan international. Suite à cette annonce, l’accord… est effectivement devenu un élément du passé, du fait du retrait du pays le plus important et de la plus grande superpuissance.

Les déclarations de Trump entreront dans l’histoire. Elles comportent de nombreux messages fermes envers l’Iran et ses alliés, et même envers les alliés européens des Etats-Unis, [précisant que] les Etats-Unis n’accepteront en aucune manière les positions ambiguës et agiront avec force pour empêcher le régime iranien de profiter de cet accord en vue de réaliser ses rêves d’obtenir des armes nucléaires qui menaceront la région et le monde entier…

Washington a eu son mot à dire, et cela signifie le rétablissement des sanctions liées au programme nucléaire iranien, levées par l’ancien président américain Barack Obama, suite à l’erreur catastrophique de la communauté internationale qui a fait confiance au régime des ayatollahs.

Même si l’Iran et les autres éléments qui bénéficient de l’erreur du groupe P5+1 [à savoir le PAGC] minimisent la valeur de l’annonce de Trump, la bataille est finie et si l’Iran est vraiment intéressé à revenir au sein de la communauté internationale, il doit changer de comportement et renoncer à son attitude agressive, qui se manifeste par ses tentatives d’obtenir des armes de destruction massive… [1]

L’Arabie saoudite se félicite de l’annonce de Trump et exprime le souhait que la communauté internationale adopte uniformément une position similaire vis-à-vis de l’Iran

Peu de temps après l’annonce du président Trump, l’Arabie saoudite a publié un communiqué officiel pour s’en féliciter : L’Arabie saoudite soutient et se félicite des mesures annoncées par le président Donald Trump concernant le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire, et soutient l’annonce du rétablissement des sanctions économiques contre l’Iran, levées conformément à l’accord sur le nucléaire. Le soutien antérieur de l’Arabie saoudite à l’accord nucléaire était fondé sur sa conviction de la nécessité d’agir par tous les moyens possibles pour limiter la prolifération des armes de destruction massive au Moyen-Orient et dans le monde. Mais l’Iran a profité de l’avantage économique [qu’il a obtenu] de la levée des sanctions pour poursuivre son activité et déstabiliser la région, notamment en développant des missiles balistiques et en soutenant des organisations terroristes dans la région – y compris le Hezbollah [au Liban] et les milices houthistes [au Yémen], qui utilisent les capacités fournies par l’Iran pour porter atteinte aux citoyens de l’Arabie saoudite et du Yémen et pour bloquer de manière répétée les voies maritimes internationales, violant largement les résolutions du Conseil de sécurité [de l’ONU]…

L’Arabie saoudite espère que la communauté internationale adoptera une position ferme et uniforme vis-à-vis de l’Iran et ses activités hostiles, qui déstabilisent la région ; vis-à-vis de son soutien aux organisations terroristes, notamment le Hezbollah et les milices houthistes ; et vis-à-vis de son soutien au régime du [président syrien Bachar Al-]Assad, qui a commis les crimes les plus odieux contre son propre peuple, entraînant la mort de plus d’un demi-million de civils, y compris au moyen d’armes chimiques.

Dans ce cadre, l’Arabie saoudite souligne qu’elle continuera d’agir avec ses partenaires aux Etats-Unis et dans la communauté internationale, en vue d’atteindre les objectifs tant attendus, comme l’a déclaré le président américain. Il faut affronter la menace de la politique iranienne pour la paix et la sécurité mondiale dans une perspective globale qui ne se limite pas à son programme nucléaire, mais englobe toutes ses activités agressives, en particulier son ingérence dans les affaires de pays régionaux et son soutien au terrorisme. [Cela doit être fait de manière à] empêcher totalement l’Iran de posséder des armes de destruction massive.[2] […]

Le ministère des Affaires étrangères égyptien : l’Egypte apprécie la position américaine ; l’Iran doit cesser de nuire à la sécurité des pays arabes

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères égyptien a salué l’engagement des Etats-Unis à l’égard de la région et à empêcher l’ingérence iranienne dans les affaires des pays arabes :

L’Egypte a suivi avec un vif intérêt la décision américaine concernant le retrait de l’accord entre les six pays et l’Iran sur la question du programme nucléaire. L’Egypte apprécie l’aspiration américaine et internationale à aborder toutes les préoccupations régionales et internationales liées à l’accord nucléaire avec l’Iran et à l’ingérence de l’Iran dans les affaires intérieures des pays arabes. En conséquence, elle souligne que l’Iran doit remplir ses obligations conformément au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et aux accords de garanties, y compris avec l’AIEA [5]

L’Egypte souligne qu’il est important que les éléments arabes concernés participent à tout dialogue sur la situation à venir de la région, et notamment au dialogue lié à la possibilité de modifier l’accord nucléaire avec l’Iran. L’Egypte demande, dans ce contexte, à toutes les forces régionales, y compris l’Iran, que désormais, aucune mesure ne soit prise qui porterait atteinte à la sécurité du monde arabe. L’Egypte espère que les développements actuels ne conduiront pas l’éclatement de luttes armées dans la région, qui menaceront sa stabilité et sa sécurité.[6]

Les EAU : Soutien absolu à la décision des Etats-Unis ; le retrait américain de l’accord rectifie une situation imparfaite

Le 9 mai 2018, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des Emirats arabes unis a annoncé son soutien au retrait du président Trump de l’accord sur le nucléaire, et a appelé “la communauté internationale et les pays partenaires de l’accord sur le nucléaire à accepter la position de Trump en faveur du retrait des armes nucléaires et autres armes de destruction massive de la région, afin de préserver la sécurité et la stabilité internationale”.[7]

Extraits de l’éditorial du 9 mai du quotidien des EAU Al-Ittihad : « Le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et la déclaration du président Trump annonçant qu’il rétablira les sanctions les plus strictes envers Téhéran rectifient une situation qui était erronée depuis le début, et nous ramènent à la case départ. Cet accord était en réalité un accord commercial, ou un accord fondé sur des intérêts, et non sur des principes et des valeurs. Depuis la signature de l’accord, l’Iran [a le sentiment] d’avoir obtenu un feu vert pour ses tentatives d’imposer son hégémonie dans la région, et pour donner à ses milices terroristes la liberté d’agir et de semer la destruction dans plusieurs pays arabes. De même, il a pris des mesures rapides pour développer son programme de missiles balistiques. Cet accord imparfait se focalise sur les capacités nucléaires hypothétiques de l’Iran, tout en ignorant ses capacités effectives – à savoir, des missiles balistiques et d’autres armes de destruction massive, et le soutien manifeste de Téhéran aux organisations terroristes et aux gangs houthistes au Yémen…”[8]

Bahreïn : Le retrait des Etats-Unis du PAGC prouve son engagement à agir contre le terrorisme iranien

Bahreïn a lui aussi annoncé son soutien au retrait de Trump du PAGC et à sa restauration des sanctions strictes contre le régime iranien. Dans un communiqué, il a souligné son « soutien total à cette décision, qui reflète l’engagement des Etats-Unis à s’opposer à la politique de l’Iran et à ses tentatives permanentes d’exporter le terrorisme dans la région, sans le moindre engagement [de la part de l’Iran] envers le respect des lois et des normes internationales ». Il a ajouté que le retrait des Etats-Unis de l’accord « prouve que cet accord comporte de nombreux défauts, dont le plus important est qu’il néglige le projet de développement de missiles balistiques [de l’Iran] et la menace qu’il fait peser sur la sécurité et la stabilité de la région par son ingérence dans les affaires internes des pays régionaux et son soutien aux milices terroristes [opérant] dans ces pays, qui lui sont subordonnées ».

Le communiqué de Bahreïn poursuit en appelant “tous les autres pays ayant signé l’accord à réexaminer de manière responsable la [situation de la] sécurité et de la paix dans la région et à prendre les mesures similaires à celles prises par les Etats-Unis”.

Le communiqué soulignait également le soutien de Bahreïn à « tous les efforts visant à éradiquer les armes nucléaires et toutes autres armes de destruction massive du Moyen-Orient, afin d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires et de combattre le financement et le soutien apporté par l’Iran aux milices extrémistes dans la région… » [9]

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe : la décision de Trump de se retirer de l’accord est une décision courageuse

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, a également salué l’annonce de Trump. Il a déclaré que le président des Etats-Unis avait « pris une position courageuse, motivée par le désir d’assurer que le Moyen-Orient soit exempt d’armes nucléaires. [Il l’a fait] en réponse à la politique hostile de l’Iran dans la région, fondée sur l’expansion, le contrôle et l’ingérence dans les affaires intérieures des pays de la région, le soutien aux organisations terroristes et le développement continu de son projet de missiles balistiques. »

Al-Zayani a poursuivi en appelant la communauté internationale à adopter une position similaire à celle des Etats-Unis afin de préserver la paix et la sécurité internationale.[10]

Lien vers le rapport en anglais

Notes :
[1] Al-Riyadh (Arabie saoudite), 9 mai 2018. Il convient d’observer que l’éditorial n’est apparu que sur la version en ligne du journal.
[2] Al-Riyadh (Arabie saoudite), 9 mai 2018.
[3] Twitter.com/AdelAljubeir, 8 mai 2018.
[4] Twitter.com/kbsalsaud, 8 mai 2018.
[5] Référence à la feuille de route signée par le dirigeant de l’Organisation pour l’énergie atomique iranienne, Ali Akbar Salehi et le directeur général de l’AIEA Yukiya Amano, en vertu de laquelle l’Iran a accepté de donner à l’AIEA des éclaircissements et des explications sur les Dimensions militaires possibles (PDM) de son projet nucléaire. Voir MEMRI en français, Le négociateur iranien Salehi : Nous sommes parvenus à un arrangement avec l’AIEA au sujet des PDM ; les problèmes techniques seront désormais résolus au niveau politique, 22 juillet 2015.
[6] Al-Masri Al-Yawm (Egypte), 9 mai 2018.
[7] Al-Quds Al-Arabi (Londres), 9 mai 2018.
[8] Al-Ittihad (UAE), 9 mai 2018.
[9] Akhbar Al-Khaleej (Bahreïn), 9 mai 2018.
[10] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 9 mai 2018.