Jérusalem: la Gay Pride sous haute surveillance

Diario Judío México - Des milliers de personnes ont convergé ce jeudi vers le centre de Jérusalem pour la 18e édition de la Gay Pride dans la Ville sainte, sous haute surveillance après le meurtre d’une adolescente par un juif ultra-orthodoxe en 2015. «Deux suspects qui s’apprêtaient à perturber le défilé de cet après-midi» ont été arrêtés, a indiqué la police israélienne dans un communiqué jeudi, précisant que 2500 policiers, certains en civil, étaient mobilisés pour assurer la sécurité de l’événement.

Des drapeaux couleur arc-en-ciel ont été accrochés par la mairie tout le long du parcours. Le grand rabbin de Jérusalem, Ari Stern, avait demandé sans succès au maire de la ville de retirer ces bannières multicolores afin de «ne pas heurter les sentiments d’une partie de la population». En revanche, la municipalité a fait enlever plusieurs affiches qui avaient été placardées en début de semaine contre la Gay Pride avec la mention «Papa et maman = famille. Le courage d’être normal».

Le 30 juillet 2015, Yishaï Shlissel s’était rendu à la Gay Pride à Jérusalem où il avait poignardé une adolescente, Shira Banki, qui avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Six autres personnes avaient été blessées. Le meurtrier avait été libéré de prison quelques semaines avant son meurtre, après avoir purgé une peine pour avoir déjà blessé trois personnes lors de la Gay Pride de 2005. Il a été condamné à la prison à vie.

Le cortège de la Gay Pride est restreint à la partie ouest de la ville et ne passera donc pas par Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël sans reconnaissance de la communauté internationale, et capitale de l’Etat auquel aspirent les Palestiniens. Israël est considéré comme un pays pionnier au Moyen-Orient en termes de droits des gays et lesbiennes. A Jérusalem, une ville sainte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, la communauté homosexuelle a toutefois plus de mal à être acceptée qu’à Tel-Aviv.

L’homosexualité demeure notamment un tabou dans les milieux juifs religieux, partenaires politiques de l’actuel Premier ministre Benyamin Nétanyahou. Mercredi, pour la première fois de l’histoire d’Israël, le chef de l’Etat a pourtant nommé un député de son parti ouvertement homosexuel à la tête du ministère de la Justice.