Diario Judío México - A l’occasion de la Journée internationale de la Femme, le quotidien palestinien basé à Jérusalem Al-Quds a publié un article intitulé “Pionnières du combat, de la lutte et de l’activisme social : les femmes palestiniennes ont pris part à l’écriture de l’histoire”. L’article comporte de courtes biographies de 16 femmes palestiniennes, dont plusieurs sont des terroristes, parmi lesquelles Dalal Al-Mughrabi, Fatima Bernawi et Leila Khaled. Il mentionne également Umaya Juha, connue pour ses dessins incitant à la haine. L’article présente les attentats terroristes comme des actes de courage et de sacrifice de soi, dignes de louanges. Ci-dessous quelques portraits de femmes tirés de l’article : [1]

Dalal Al-Mughrabi

Dalal Al-Mughrabi était la commandante en second de l’attaque meurtrière de la route côtière de mars 1978 contre un autobus israélien, au cours de laquelle 35 civils ont été tués, dont 13 enfants et adolescents, et 71 personnes blessées. Pour la décrire, l’article affirme : “[Al-Mughrabi est] une des plus célèbres combattantes palestiniennes. Elle est née en 1958 dans un camp de réfugiés à Beyrouth, dans une famille originaire de Jaffa qui avait fui vers le Liban après 1948. Elle a rejoint les rangs de la révolution palestinienne à un stade précoce et suivi plusieurs cours de formation militaire à la guérilla et à l’usage des armes. Elle a été très affectée par l’assassinat en 1973 de trois dirigeants, Kamal ‘Adwan, Kamal Nasser et Abu Yousuf Al-Najjar [dirigeants du Fatah tués par Tsahal], qui l’a amené à prendre part à l’Opération Kamal ‘Adwan, planifiée par Khalil Al-Wazir [i.e., l’attaque de la route côtière]. Le 3 novembre 1978, Dalal et d’autres membres de sa cellule combattante sont arrivés à Tel Aviv et ont assailli un autobus de soldats israéliens. Une bataille a alors eu lieu entre les combattants [palestiniens] et les soldats, au cours de laquelle de nombreux soldats israéliens ont été tués et blessés, et après qu’Ehoud Barak eut ordonné d’intercepter le bus et de tuer les combattants, Dalal a fait exploser le bus avec tous ses passagers”.[2]

Fatima Bernawi

Fatima Bernawi a été condamnée à la prison à vie pour avoir posé une bombe au cinéma Sion de Jérusalem en 1967, mais a été libérée au bout de dix ans. Elle est considérée comme la première prisonnière du Fatah. En 2015, le président Mahmoud Abbas lui a décerné une médaille militaire.[3] L’article la décrit en ces termes : “Une des pionnières palestiniennes ayant pris part à l’activité armée d’opérations de sacrifice, après le début de la révolution palestinienne de 1965. Elle a aussi été la première prisonnière palestinienne à figurer dans les registres officiels du mouvement des femmes de la révolution palestinienne moderne. Elle est née à Jérusalem en 1939 et a fondé la force de police des femmes palestiniennes en 1994. Elle a été arrêtée en 1967 après avoir posé une bombe au cinéma Sion de Jérusalem et condamnée à la prison à vie, mais n’est restée incarcérée que 10 ans [ayant été libérée] par ce que le service pénitentiaire israélien a qualifié de geste de bonne volonté envers les Egyptiens. Elle a été expulsée au Liban mais a poursuivi sur la voie du combat après sa libération”.

Zakia Shammout

Zakia Shammout a mené plusieurs opérations terroristes dans les années 1960 et 1970, au cours desquelles des dizaines de personnes ont été tuées et blessées. Elle a reçu 12 peines de prison à vie mais a été libérée dans le cadre d’un échange de prisonniers. L’article dit à son sujet : “Une des premières combattantes à avoir mené des opérations contre l’occupation, et la première femme palestinienne à avoir donné naissance dans une prison israélienne. Elle est née à Haïfa en 1945 et a rejoint l’activité du djihad en 1968. Elle a mené sept opérations, mais a été arrêtée au début des années 1970 avec son mari, alors qu’elle était enceinte de cinq mois, et a été condamnée à 12 peines de prison à vie. Le 18 février 1972, elle a donné naissance à sa fille Nadia dans la prison israélienne de Neve Tirza à Ramla. En 1983, elle a été libérée et expulsée en Algérie. Elle est morte en 2014.

Leila Khaled

Leila Khaled est une activiste senior du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et une membre du Conseil national palestinien. En 1969, elle a participé au détournement d’un avion de la compagnie TWA. L’opération n’a pas fait de victimes, mais l’avion a explosé. Un an plus tard, Khaled a pris part à une tentative de détournement d’un avion de ligne d’El Al. Sa biographie dans l’article la présente ainsi : “La première femme à avoir détourné un avion israélien, en 1969. Elle est née à Haïfa en 1944. Elle a détourné un avion de ligne vers la Syrie, afin d’obtenir la libération de prisonniers palestiniens et d’attirer l’attention du monde sur le problème palestinien. Elle a aussi détourné un avion de la TWA qui a atterri à Londres. Elle a été capturée et arrêtée par Scotland Yard, et le gouvernement britannique l’a échangée dans le cadre d’un échange de prisonniers.

Shadia Abou Ghazaleh

Activiste du FPLP décédée en 1968 alors qu’elle préparait une bombe pour la poser dans un immeuble de Tel Aviv.

L’article dit d’elle : « [Ghazaleh fut] la première femme martyre après la Naksa [défaite] de 1967. Elle est née à Naplouse en 1949, et a entamé son activité politique à un âge précoce, en rejoignant le mouvement Qawmiyoun Al-’Arab en 1962. Après la Naksa, le Front populaire de Libération de la Palestine a émergé de ce mouvement. [Abou Ghazaleh] est devenue membre de la direction du FPLP et a pris part à des opérations de martyre contre l’occupation. Mais le 28 novembre 1968, alors qu’elle fabriquait une bombe dans sa maison pour la poser dans un immeuble israélien de Tel Aviv, la bombe a explosé dans ses mains et elle est devenue martyre”.

Umaya Juha

Umaya Juha est une caricaturiste proche du Hamas. Son premier mari, qui était membre de l’aile militaire du Hamas, les Brigades Al-Qassam, a été tué dans un affrontement avec Tsahal, et son second mari était aussi membre d’Al-Qassam.[4] Elle est connue pour ses caricatures virulentes, et en janvier 2016, il a été rapporté que Facebook a supprimé son compte après des plaintes faisant état de contenus incitant à la haine. [5] L’article la décrit comme suit :”La première femme caricaturiste de Palestine et du monde arabe en général. Elle est née à Gaza en 1972. Les Israéliens l’ont qualifiée de terroriste et d’antisémite, et lui ont interdit de pénétrer en Cisjordanie pour des raisons sécuritaires. Elle a pris part à plusieurs expositions locales, arabes et internationales. En 2000, elle a reçu le prix du journalisme arabe de meilleur caricaturiste, et en 1999 elle a obtenu la première place dans un concours artistique annuel du ministère palestinien de la Culture.

Notes:

[1] Al-Quds (Jerusalem), 8 mars 2016.

[2] Sur la glorification par l’AP de Dalal Al-Mughrabi et les articles faisant son éloge, voir MEMRI Special Dispatch No. 5246, Palestinian Authority Praises Female Terrorist Dalal Al-Mughrabi, 20 mars 2013 ; Special Dispatch No. 2862, Veneration for Dalal Al-Mughrabi on Palestinian Authority TV, in PA Dailies, and on Israeli Arab Websites, 17 mars 2010.

[3] Voir MEMRI Special Dispatch No. 6026, Palestinian Authority President Mahmoud ‘Abbas Awards Medals Of Honor To Fatah Terrorists, 17 avril 2015.

[4] Menassat.com, 5 mai 2009.

[5] Aljazeera.net, 16 janvier 2016.