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Les membres du parlement tunisien se sont affrontés sur la question de rendre hommage, ou pas, à l’ancien président égyptien Mohamed Morsi, décédé le 17 juin 2019. Le débat a été diffusé sur la Deuxième chaîne (Tunisie) le 18 juin. Le député tunisien Noureddine Bhiri a suggéré que le premier verset du Coran soit récité pour le repos de son âme, et pour rappeler « nos relations fortes et amicales » avec l’Egypte.

En revanche, la députée tunisienne Fatima Al-Massadi a déclaré que des citoyens tunisiens n’étaient pas morts pour que leur parlement devienne une assemblée des Frères musulmans, et honore leur dirigeant. Elle a précisé que si le mouvement tunisien Ennahda était lié aux Frères musulmans, il devait être déclaré organisation terroriste.

Le député tunisien Mongi Harbaoui a estimé pour sa part que Morsi ne devait pas faire l’objet d’un éloge funèbre au parlement, même s’il se joindrait en privé à un tel hommage. Abdelfattah Mourou, vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple, a déclaré qu’il considèrait cette demande comme une « question humaine, rien de plus ». Il a exhorté les députés à ne pas en faire une question politique, affirmant que Morsi méritait une prière, comme tout musulman. En définitive, Abdelfattah Mourou a récité le premier verset du Coran, et une députée a quitté la salle en signe de protestation. Extraits :

Noureddine Bhiri : M. le Président, chers collègues, je vous invite à réciter le premier chapitre du Coran, pour l’âme pure [de Morsi], et à rappeler ainsi nos relations fortes et amicales avec nos frères, le peuple égyptien, et toutes leurs institutions. Merci.

Abdelfattah Mourou (vice-président du parlement) : Merci. Rappel à l’ordre pour Fatima Al-Massadi. Allez-y.

Fatima Al-Massadi : Merci, M. le Président. Ceci est une institution parlementaire tunisienne. Des citoyens égyptiens ont versé leur sang pour elle. Ils ne sont pas morts pour qu’elle se transforme en parlement des Frères musulmans, et pour qu’y soit rendu hommage au chef des Frères musulmans. Nous ne voulons pas de cette politisation. Si le mouvement Ennahda est lié aux Frères musulmans, j’appelle à le définir comme un mouvement terroriste des Frères musulmans au sein de ce parlement. Nous ne devrions pas rendre hommage [à Morsi]. […]

Mongi Harbaoui : C’est un sujet qui fâche. Le parlement tunisien n’est pas le lieu pour cela. Il y a différentes opinions là-dessus. Si quiconque veut rendre hommage à Morsi, je me joindrai à lui. Un musulman est mort, et puisse Allah accorder la paix à l’âme de Morsi, mais le parlement tunisien n’est pas le lieu pour cela. […]

Abdelfattah Mourou : Je considère cette requête comme une question humaine, et humaine seulement. Nous sommes tous faibles devant la mort. Nous respectons et honorons la mort, et nous prions pour le meilleur de ceux qui sont morts. N’en faites pas une occasion de gagner des points politiques les uns contre les autres. Nous n’avons pas le droit d’adopter une approche politique dans cette affaire. […]

Il se lève et récite : Je cherche refuge en Allah du maudit Satan. Au nom d’Allah, le Miséricordieux, le Compatissant. Toutes louanges à Allah, Seigneur des mondes. Maître du Jour du Jugement. C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous sollicitons l’aide. Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as bénis, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni de ceux qui se sont égarés. Amen. Paix sur les messagers et béni soit Allah, Seigneur des mondes. Revenons à notre ordre du jour.

Une députée quitte la salle.

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