La Russie, comme le reste du monde, ne parvient pas à déchiffrer Trump

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Alors que Washington est en ébullition concernant la question de savoir si Donald Trump est devenu l’otage politique de la Russie, en échange de faveurs économiques ou politiques, l’article du commentateur politique Sergey Strokan (qui est également essayiste et poète) paru dans Kommersant, sous le titre “Qui est M. Trump”, montre que pour les “contrôleurs” russes également, Trump demeure un mystère. Contrairement à Vladimir Poutine, inconnu en 2000 mais qui a vite défini sa direction et son style, Donald Trump et son administration restent un pastiche d’orientations différentes et parfois opposées, alors qu’il traverse la phase de transition délicate entre le candidat Trump et le président Trump. Strokan pense que l’incertitude sur la direction de Trump pourrait se prolonger pendant toute la durée de son administration. Extraits [1] :

La conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui s’est déroulée peu de temps après les débats dans le monde entier suscités par les 100 premiers jours du 45e président américain, déclenchera une nouvelle vague de discussions pour définir la politique de l’extravagant milliardaire, qui a occupé le Bureau ovale contre la volonté de l’establishment de Washington.

La question « Qui est M. Poutine ? », posée en 2000 par le journaliste du Philadelphia Inquirer qui cherchait à comprendre la personnalité du successeur de Boris Yeltsin au Kremlin, peut à présent être reformulée en « Qui est M. Trump ? », pour correspondre aux réalités américaines. Cela est d’autant plus vrai que Donald Trump s’est avéré une figure tout aussi surprenante sur la scène politique internationale que Vladimir Poutine l’était à l’époque.


« Pour Donald Trump, qui n’a pas la moindre expérience des organisations gouvernementales, la période d’adaptation au monde de la bureaucratie est particulièrement longue et pénible. Trump vit encore un ajustement conceptuel entre sa campagne présidentielle, durant laquelle il pouvait dire tout ce qu’il voulait et promettre n’importe quoi, et son travail de président, dans lequel il est limité par les obstacles bureaucratiques et idéologiques vieux de plusieurs décennies », comme me l’a expliqué Anton Fedyashin, professeur d’histoire dans une université américaine, basé à Washington.

Ce qui reste à Donald Trump dans son nouveau rôle est de « faire des expériences dans les limites de ce qui est autorisé ». Ces expériences, menées le regard tourné vers des groupes d’intérêts spécifiques, des personnalités politiques haut-placées et des dirigeants du monde des affaires, sont la cause d’improvisations et de zigzags politiques sans fin, apparemment illogiques et contradictoires, de la part du nouveau président américain.

Il n’est pas étonnant que toute tentative de comparer Donald Trump à l’un de ses prédécesseurs – Ronald Reagan, George W. Bush, ou le président Obama, dont il a promis de démanteler l’héritage (sans succès jusqu’à présent) – reste purement spéculative. Des similarités circonstancielles avec les présidents antérieurs ne doivent pas nous induire en erreur et nous détourner de la conclusion principale : le président Donald Trump n’a pas acquis, et ne risque pas d’acquérir, son propre style de gouvernement. Sa politique sera rafistolée à partir d’une combinaison bizarre des politiques de Reagan, Bush, Obama et d’autres éléments.

Donald Trump est le premier président américain moderne dont le style de gouvernement peut être défini comme un postmodernisme politique.

Concernant la politique étrangère, qui est évidemment la première préoccupation pour nous, la situation qui se développe à Washington est sans précédent. Aucun des experts et des initiés les plus sophistiqués ne peut affirmer avec confiance qui façonne actuellement l’ordre du jour international de la Maison Blanche.

Il existe une dizaine de manières de répondre : Donald Trump lui-même, son cercle proche (sa famille), ses éminence grises à la Maison Blanche, le Conseil de sécurité national, les poids lourds du parti républicain au Congrès, le Département d’Etat, le Pentagone, les dirigeants de la communauté du renseignement, ou tous ceux-ci ensemble, sont engagés dans une lutte acharnée. Et celle liste serait incomplète sans le vice-président Mike Pence, qui est en mesure de jouer un rôle indépendant.

Aussi, si la réponse à la question « Qui est M. Poutine ? » a rapidement été trouvée, nous risquons de ne jamais savoir « Qui est M. Trump ».

Note :

[1] Kommersant.ru, 3 mai 2017.

 

Acerca de MEMRI

El Instituto de Investigación de Medios de Información en Medio Oriente (MEMRI) explora el Medio Oriente a través de los medios informativos de la región.

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