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Dans une interview diffusée sur la chaîne télévisée égyptienne Sada Al-Balad le 6 septembre 2018, l’auteur égyptien Tarek Heggy a déclaré que les femmes et les « autres » religieux, comme les Egyptiens chrétiens, sont des « thermomètres » permettant de mesurer les progrès de la société égyptienne. Selon lui, la société progresse lorsqu’ils sont égaux en droits, et ils doivent être traités équitablement parce que la constitution égyptienne l’affirme, et non par pitié. Heggy a critiqué les attaques contre les chrétiens dans le gouvernorat d’Al-Minya, ainsi que la lenteur de la mise en œuvre des réformes concernant les Egyptiens chrétiens, en raison de l’opposition de « certaines personnes au sein du système ». Extraits :

Tarek Heggy : Je pense que dans des sociétés comme la nôtre, deux choses servent de thermomètre, que vous mettez dans la bouche d’un homme malade pour prendre sa température. Ces deux choses sont le statut de la femme et le statut de « l’autre » religieux.

Journaliste : L’« autre » religieux ?

Tarek Heggy : Oui, les chrétiens égyptiens dans notre cas. Si on examine ces deux sujets, tous les défauts de la société apparaissent. Si les femmes deviennent des citoyennes égales en droits, de même que les Egyptiens chrétiens, cela signifie que nous progressons. L’inverse se vérifie également. Les femmes et les chrétiens devraient devenir des citoyens égaux en droits, mais pas par pitié. J’entends souvent parler de considérations morales, dans les relations avec les chrétiens. C’est une erreur.

Journaliste : Comme si vous leur faisiez une faveur…

Tarek Heggy : Exactement. Nous ne devons pas les traiter [à égalité] parce que notre religion le dit ou parce que nous sommes bons. Non ! Nous devons le faire parce que la constitution affirme que ce sont des citoyens égyptiens. […]

Ne nous leurrons pas, l’Égyptien chrétien souffre de beaucoup de choses. Il souffre dès qu’il ouvre la bouche et prononce son nom. Les événements intervenus dans le gouvernorat d’Al-Minya sont un crime horrible. À mon avis, ils méritent l’intervention du président et engagent la responsabilité du gouverneur. Pourquoi ces affrontements se produisent-ils toujours à Al-Minya ? Nous savons quelle personnalité des Frères musulmans est influente là-bas. Nous connaissons son nom. Il réside au Qatar… Il est inconcevable que si vous vous nommez Youssouf Mikhail, par exemple, vous affrontiez des problèmes au quotidien. Et ne nous leurrons pas en disant qu’une poignée seulement les persécute. Non, il y a des problèmes. Des problèmes qui vont de l’absence d’opportunités d’emploi à la privation de droits, en passant par les attaques à Al-Minya. Nous pouvons parler de la légalisation des églises [non autorisées]. Le président a dit qu’ils le feraient.

Journaliste : Il a créé une commission… 

Tarek Heggy : C’est vrai. Mais ceux qui sont chargés d’appliquer [ses recommandations] n’ont pas fait grand-chose. Comme je l’ai écrit dans un article, si nous continuons à ce rythme, cela nous prendra 17 ans. Cela signifie que certains membres du système s’y opposent.

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