Diario Judío México -

Dans une interview télévisée mise en ligne sur la chaîne YouTube de Maan News, agence de presse de l’Autorité palestinienne, le 16 mars 2019, Dr Nasser Al-Laham, rédacteur en chef, a critiqué tant le Fatah que le Hamas, suite à la répression que ce dernier exerce sur les manifestants à Gaza, affirmant que « les gouvernements sont devenus fous ».

Al-Laham a demandé : « Qu’avons-nous emprunté aux pays arabes ? Les cellules de prison ? La torture ? Les marques de brûlures ? » Il a déclaré : « A certains égards, nous sommes pires que l’occupation. » « Est-ce le genre de patrie que nous voulons ? », s’est-il enquis, appelant les Palestiniens à « descendre [dans la rue] et à scander : Non à la patrie ! » Al-Laham, journaliste pour le compte de Mayadeen TV en Cisjordanie, est un critique de l’Autorité palestinienne. Extraits :

Nasser Al-Laham : Les attaques contre des civils, où on leur casse les bras et où on les roue de coups, constituent une humiliation, une honte et une injustice. C’est une honte pour les gouvernements [du Fatah et du Hamas]. Les gouvernements sont devenus fous. Les factions sont devenues folles. […]

Avons-nous perdu la tête ? Est-ce cela, la Palestine ? Est-ce la même Palestine pour laquelle des dizaines de milliers [d’individus] de toutes les factions sont morts en martyrs ? Est-ce la même Palestine pour laquelle des jeunes âgés de 14, 15 et 16 ans sont morts ? Ils sont venus du Liban, de Jordanie, d’Égypte et du Sinaï pour libérer la Palestine. Libérons-nous la Palestine dans le seul but de créer une nouvelle génération de maîtres et d’esclaves ? Allons au diable ! Au diable nos slogans ! […]

Qu’avons-nous emprunté aux pays arabes ? Les cellules de prison ? La torture ? Les marques de brûlure ? Qu’avons-nous adopté des pays arabes hormis leurs ordures ? […]

Est-ce le genre de patrie que nous voulons, une patrie dans laquelle je ne peux plus faire confiance à mon voisin ? Une patrie dans laquelle mon compatriote vient et, devant ma femme, me traîne par les pieds ou par les cheveux et me piétine ? Tout cela au nom de la patrie ? La patrie m’appartient, elle ne vous appartient pas. Je dis aux officiels de tous rangs : allez au diable. Vous agissez ainsi au prétexte du combat contre Israël ? Vous mentez ! Tous les Palestiniens ont combattu Israël. […]

Tous les journaux, les communiqués et les partis politiques palestiniens parlent de l’occupation… L’occupation ? Avez-vous réservé le moindre fléau à l’occupation ? À certains égards, nous sommes pires que l’occupation. L’occupation, quand [un Palestinien] est blessé… Que le public arabe entende cela. Même si ce n’est que pour le spectacle, par honte ou par hypocrisie, l’occupation traite ce blessé.

Avez-nous réservé le moindre fléau à l’occupation ? Tous les gouvernements que nous formons nous piétinent. Nous devrions piétiner ces gouvernements. Laissez-moi vous dire, nous avons commencé notre vie en prison, continuons-la en prison. Assez. Partons. Nous ne voulons pas de ce genre de patrie. S’ils prétendent se soucier davantage de cette patrie que nous… Si, à chaque fois que nous nommons un ministre de l’Intérieur, il veut nous humilier devant nos enfants, nous ne voulons pas de cette patrie. Que les gens descendent [dans la rue] et scandent : Non à la patrie !

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