Le président russe Poutine lors de la séance plénière du SPIEF : le projet de Grande Eurasie est ouvert à l’Europe – 1ère partie

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Le 17 juin, le président Vladimir Poutine s’est exprimé lors de la séance plénière du Forum économique de Saint-Pétersbourg. La séance a été suivie de questions-réponses, modérées par le présentateur de CNN Farid Zakaria. Poutine a abordé les sujets suivants : l’intégration eurasienne, la croissance économique de la Russie, les investissements russes dans la Recherche et le Développement (R&D). Les questions-réponses ont abordé des sujets plus politiques tels que l’OTAN, les relations Russie-USA et les élections américaines. 

La première partie du discours de Poutine a été consacrée au projet d’Union économique eurasienne (EAEU) favorisé par le Kremlin, lancé en 2015. Ce n’était donc pas une coïncidence que le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, et le Premier ministre italien, Matteo Renzi, soient les deux seuls leaders participant à la séance plénière du forum, hormis Poutine. Nazarbayev est l’initiateur de l’EAEU, ayant proposé de créer une « Union eurasienne » dès 1994. Renzi, qui s’est montré critique face aux sanctions de l’EU envers la Russie, représentait l’Europe, continent que la Russie voudrait intégrer à l’EAEU. Comme l’a déclaré Poutine lors de la session de clôture, la présence du Kazhakstan, partenaire le plus proche de la Russie et de l’Italie, est « significative », parce que « nous devons nous focaliser sur l’union des forces », invitation à l’Europe à intégrer son économie à celle de l’EAEU. Il convient de noter que le jour de la séance plénière, le Conseil de l’Union européenne a décidé de proroger les mesures restrictives imposées à la Russie, après l’annexion par la Russie de la Crimée, jusqu’au 23 juin 2017.

Dans son discours, Poutine a écarté le sujet des sanctions en affirmant que l’EAEU devait devenir le centre d’une « zone d’intégration plus large ». Il a ajouté qu’en juin, la Russie projetait d’entamer des discussions officielles sur la création d’un partenariat commercial et économique global en Eurasie, auquel participeraient les Etats membres de l’UE et la Chine. En conclusion, Poutine a souligné le fait que l’EAEU devait créer un partenariat eurasien élargi, incluant la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, la Communauté des Etats indépendants et d’autres pays.


Ces remarques révèlent avant tout le dessein de Poutine de transformer l’EAEU en un bloc qui sera un contrepoids au Partenariat de Commerce et d’investissement transatlantique américain (TTIP), en devenant une des « plus grandes zones d’intégration émergentes ». Cette organisation comprendra aussi des pays traditionnellement hostiles aux Etats-Unis, comme l’Iran. Deuxièmement, Poutine a réitéré l’amitié de la Russie envers la Chine, indiquant par allusion que Beijing préfère unir ses forces avec Moscou au sein de l’EAEU plutôt que de s’engager dans un possible G2 avec les Etats-Unis. Poutine souhaite également amener l’Inde sous influence russe. L’Inde est une économie émergente qui participe déjà à la BRICS (association incluant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud). Troisièmement, Poutine a tenté de démontrer que certains Etats membres de l’UE cherchaient à établir une coopération avec la Russie au lieu de rejoindre les Etats-Unis en imposant des sanctions anti-russes pour l’annexion de la Crimée.

Dans son discours, Poutine a souligné le fait que le projet de « grande Eurasie » était ouvert à l’Europe, étant donné sa conviction qu’une telle coopération pourrait être mutuellement bénéfique. Dans un article publié dans Izvestia dès 2011, intitulé « Un nouveau projet d’intégration pour l’Eurasie : l’avenir en marche », Poutine, qui était alors Premier ministre, écrivait que l’EAEU devait devenir « un des pôles du monde moderne et servir de pont efficace entre l’Europe et la région dynamique Asie-Pacifique ». Il a également expliqué que certains des voisins de la Russie n’avaient pas alors suffisamment intérêt à rejoindre les projets d’intégration à l’espace post-soviétique, et objectaient que ces projets étaient contraires à leur position pro-européenne. « Je pense que ceci est une fausse antithèse », a écrit Poutine, « Nous n’avons pas pour intention de nous couper des autres, et ne prévoyons pas de nous opposer à qui que ce soit. L’Union eurasienne sera fondée sur les principes d’intégration en tant qu’élément essentiel de la Grande Europe, unie par des valeurs partagées de liberté, de démocratie, et les lois du marché ». Poutine a ensuite souligné le fait que, conformément à cette idée, la Russie avait proposé de créer une communauté « harmonisée » (terme souvent employé par Poutine dans le contexte de l’intégration eurasienne) des économies et une zone de libre échange s’étendant de Lisbonne à Vladivostok ». Selon Poutine, un partenariat entre l’EAEU et l’UE « amènerait des changements dans la constitution géopolitique et géo-économique du continent dans son ensemble, avec des conséquences globales garanties ».

Toutefois, dans son discours de Saint-Pétersbourg, Poutine a souligné le fait que si l’Europe ne voulait pas s’intégrer au projet eurasien du Kremlin et préférait faire uniquement partie du TTIP, ou en d’autres termes, si l’Europe voulait s’aligner économiquement sur les Etats-Unis, alors l’Europe allait « réduire ses possibilités » et ne « conserverait pas d’espace pour une manœuvre bénéfique », impliquant que le TTIP favorisait uniquement les intérêts américains. Aux yeux des Russes, le TTIP et son accord parallèle, le Partenariat transpacifique (TPP), sont des outils américains pour élargir son leadership global. Sur le site Internet du think tank pro-Kremlin, le Club de discussion Valdai, Dmitry Suslov, directeur du programme Globalisation et régionalisation, l’Etat général de l’économie mondiale et gouvernance globale, a expliqué la motivation du TTIP comme suit : « Au cours des dernières années, les aspirations des Etats-Unis à faire revivre et à renforcer leur leadership ont été inséparables de la consolidation économique, militaire et politique de ses alliés et de la création de deux communautés politiques et économiques géantes dans l’Atlantique et l’Asie-Pacifique, chacune fondée sur des règles et des normes dictées par, et profitant à Washington. Le TTIP et le TPP devraient apporter un fondement économique à ces communautés, tandis que les alliances renforcées de l’OTAN et en Asie impliquant les Etats-Unis apporteront un cadre politique ».

Malgré les problèmes qui opposent l’Europe de la Russie, Poutine a déclaré que l’Europe devait coopérer à la restauration des relations russo-européennes, affirmant que la « crise actuelle » n’avait pas été initiée par la Russie. Au cours des questions-réponses, Poutine a également affirmé que les sanctions contre la Russie étaient contre-productives pour l’Europe et qu’elles étaient simplement imposées par les Etats-Unis, car les sanctions n’affectent pas l’économie américaine. Poutine a déclaré : « Comment les sanctions que vous avez mentionnées affectent-elles les Etats-Unis ? En aucune manière. Ils n’ont aucun souci à se faire concernant ces sanctions, parce que les conséquences de nos réaction n’ont pas d’impact sur eux. Elles influent sur l’Europe, mais pas sur les Etats-Unis. Aucun effet. Toutefois, les Américains disent à leurs partenaires : ‘soyez patients’. Pourquoi le seraient-ils ? Je ne comprends pas ».

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Lire la 2ème partie en anglais

 

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