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Dans une interview télévisée, l’auteur somalien Abdisaid Abdi Ismaïl a déclaré : « vous ne pouvez pas vaincre le terrorisme sans abolir la notion d’apostasie ». S’il y a « des dizaines, sinon des centaines » de versets coraniques sur la liberté de culte, « pas un seul verset ne dit que le châtiment de l’apostasie est le meurtre », a noté Abdi Ismaïl, professeur d’économie à l’Université d’Afrique de l’Est, après avoir reçu des menaces de mort pour avoir publié un livre sur l’apostasie en 2014. Dans l’interview, diffusée sur Sky News Arabia le 31 mars 2017, Abdi Ismaïl a ajouté que « l’islam est une religion et non un État » et que « la laïcité est la solution, qu’on le veuille ou non ». Extraits :

Abdisaid Abdi Ismaïl : Tout l’islam de la violence et de la terreur punit l’apostasie. J’affirme que vous ne pouvez vaincre le terrorisme sans abolir la notion d’apostasie. […]

La notion de takfir [accusation d’hérésie] existait dans le passé, mais elle était rarement utilisée, de temps à autre dans des cas individuels. Depuis 2006, plus ou moins, après la montée et la chute de l’Union des tribunaux islamiques en Somalie, le takfir est devenu un phénomène répandu. Les mouvements islamiques, notamment le mouvement Shahab, s’opposent au gouvernement et le qualifient de gouvernement apostat. Ils considèrent que tout individu qui travaille pour le gouvernement – que ce soit un officiel haut placé ou un petit employé – est un apostat.

Journaliste : Et ainsi, ils autorisent ou justifient des exécutions.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Exactement. N’importe quel petit employé, comme un balayeur des rues, travaillant pour le gouvernement, peut se voir infliger le châtiment pour apostasie. On peut le qualifier d’apostat, puisque le gouvernement est apostat et qu’il aurait dû le déclarer infidèle. Si vous ne déclarez pas un infidèle « infidèle », vous êtes vous-même un infidèle, et ils vous condamnent à…

Journaliste : C’est l’idéologie de l’Etat islamique…

Abdisaid Abdi Ismail : Evidemment. Le mouvement Shahab lui est identique.

Journaliste : Ils appartiennent à la même école.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Oui, à la même école. […] Supposons, pour les besoins du débat, qu’une personne ait renoncé à l’islam. Doit-elle être tuée ? Qu’est-ce qui nous prouve qu’elle doit l’être ? Le fait de tuer un autre homme est le plus grand crime qui soit. Lorsque vous condamnez une personne à mort, vous devez avoir des preuves…

Journaliste : Ainsi, vous n’avez pas trouvé de preuve décisive qui justifie ou autorise le meurtre d’une personne ayant abandonné sa religion, un apostat…

Abdisaid Abdi Ismaïl : Il n’y en a pas. Lorsque vous lisez les sources islamiques, et le Coran est la source originale… Lorsque nous lisons le Coran, nous trouvons des dizaines, sinon des centaines de versets sur la liberté de culte, la liberté de conscience. […]

Vous ne pourrez trouver un seul verset autorisant le meurtre d’un apostat. Même si le sujet de l’apostasie figure dans dix versets au moins, pas un seul verset ne dit que la punition de l’apostasie est le meurtre. L’apostasie apparaît dans le Coran, mais le châtiment qu’il appelle n’est pas dans ce monde. Il sera administré dans le monde futur. […]

Les mouvements islamiques et l’idéologie islamiste qui prédominent aujourd’hui se battent pour la création d’un Etat islamique, et plus encore, pour le retour du Califat islamique. C’est une idée qui fait son chemin depuis plus de 100 ans. Depuis la chute du Califat ottoman jusqu’à aujourd’hui, c’est l’objectif dans lequel les musulmans ont investi le plus d’efforts et donné…

Journaliste : Ne pensez-vous que ce soit le résultat d’une conception erronée de ce qu’est le Califat, ou d’une mauvaise lecture de l’histoire du monde islamique ? Après tout, le concept du califat faisait partie d’un jeu politique.

Abdisaid Abdi Ismaïl : C’est exact.

Journaliste : Les Ottomans ont joué leur jeu pour apporter une justification à un pouvoir politique exerçant au nom du « Califat ». Cela suffit. Ils nous ont tués avec ce rêve dénué de sens.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Il est effectivement dénué de sens. C’est bien vrai, mais qui le comprend ? Nous avons un adage somalien qui dit : « Le mensonge va plus vite que la vérité. » Cette question a été soulévée dans les années 1920. Mais jusqu’à ce jour, c’est la question la plus importante pour les musulmans, où qu’ils se trouvent. Ainsi, comme je l’ai dit, dans l’islam, il n’y a pas… L’islam est une religion et non un Etat. Quiconque dit que l’islam est un Etat…

Journaliste : Ils disent que l’islam est une religion et un Etat.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Non, l’islam est juste une religion, comme toutes les autres.

Journaliste : Quant à l’Etat, c’est une affaire humaine.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Exact. L’islam spécifie-t-il une certaine forme de régime politique ? Non. […]

Journaliste : Vous dites que la laïcité serait la solution, qu’on le veuille ou non. […]

Abdisaid Abdi Ismaïl : La laïcité est la solution, que cela nous plaise ou pas. […] Nombreux sont ceux qui pensent que la laïcité porte atteinte à la religion et qu’elle s’oppose…

Journaliste : Les islamistes ont déformé l’image de la laïcité.

Abdisaid Abdi Ismaïl : C’est exact. Ils l’ont présentée comme étant opposée à la religion. Mais la vérité est que la laïcité est utile à la religion.

Journaliste : De quelle manière ?

Abdisaid Abdi Ismaïl : La croyance est une affaire personnelle. Mais si un gouvernement religieux vous force à faire ceci et à ne pas faire cela…

Journaliste : L’Etat laïc vous octroiera le droit de pratiquer votre religion.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Oui, afin que vous puissiez adorer votre Dieu comme bon vous semble, prier comme bon vous semble, et effectuer vos rituels conformément à vos croyances personnelles. La beauté de la croyance vient de là.


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