Marwan Barghouti : Mettre fin à la coordination de sécurité avec l’occupation ; globaliser l’Intifada

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Le mois dernier, le dirigeant du Fatah Marwan Al-Barghouti, qui purge cinq peines de prison à vie en Israël pour avoir orchestré des attentats au cours de la deuxième Intifada, a été de nouveau cité comme candidat potentiel à la succession de Mahmoud Abbas comme président de l’Autorité palestinienne (AP). Cela a été annoncé dans le contexte des récentes critiques de la performance d’Abbas comme président de l’AP, du Fatah et de l’OLP, et des déclarations d’Abbas selon lesquelles il ne se présentera pas aux prochaines élections présidentielles. L’épouse de Barghouti, Fadwa, avait déclaré le 24 février 2016 que son mari désirait se porter candidat à la présidence.

Barghouti bénéficie d’un large soutien au sein de l’opinion publique palestinienne, notamment parmi les militants du Fatah. Les responsables du Fatah, y compris le secrétaire général du Comité exécutif de l’OLP, Saeb Erekat, et le secrétaire général du Comité révolutionnaire du Fatah, Amin Maqboul, ont déclaré leur soutien à la candidature de Barghouti à la présidentielle. Ses sympathisants sont conscients du problème posé par son incarcération en Israël, qui lui a valu le surnom de « Mandela palestinien », le comparant au dirigeant sud-africain qui a mené sa lutte pour son peuple depuis la prison.

« Son Excellence, le président palestinien Marwan Barghouti ». Posté sur un hashtag pro-Barghouti, le 3 mars 2016

L’année dernière, une campagne de soutien à la présidence de Barghouti a été menée sur Facebook. Ainsi, en mai 2015, un hashtag « Barghouti pour président » a été lancé, et en décembre 2015, une page Facebook a été consacrée à une « campagne de loyauté envers le commandant emprisonné Marwan Barghouti ». En réaction à l’annonce de Fadwa Barghouti selon laquelle son époux avait l’intention de participer aux élections présidentielles, il était écrit sur cette page que « le commandant emprisonné Marwan Barghouti a écouté la volonté de la rue palestinienne et déclaré son intention de briguer la présidence. Cette décision est une [étape cruciale vers] la rectification du cours de la cause palestinienne et le sauvetage du mouvement national. »


Hormis Barghouti, aucune autre personnalité n’a explicitement déclaré son intention de briguer la présidence, et même la position de Barghouti n’est pas totalement claire suite aux déclarations le 26 mars 2016 de son épouse Fadwa, qui a précisé que l’annonce de sa candidature n’a aucun sens tant qu’aucune date n’a été fixée pour les élections. Elle a affirmé qu’une fois la date fixée, il exprimera sa position sur la question. La presse, surtout la presse non-palestinienne, a mentionné plusieurs candidats potentiels, dont l’ancien Premier ministre de l’AP, Salam Fayyad ; le secrétaire du Comité exécutif de l’OLP et négociateur en chef palestinien Saeb Erekat ; le membre du Comité exécutif du Fatah Nasser Al-Kidwa, le neveu de Yasser Arafat ; le membre du Conseil législatif palestinien Mohammed Dahlan, expulsé du Fatah après qu’Abbas l’ait accusé d’avoir conspiré contre lui ; le président de la Fédération palestinienne de football et membre du Comité central du Fatah Jibril Rajoub ; le chef de la sécurité de l’AP en Cisjordanie Majed Faraj ; et l’ancien chef des renseignements généraux palestiniens Tawfiq Al-Tirawi, aujourd’hui commandant de l’académie militaire de l’AP à Jéricho.

Le 22 mars 2016, le quotidien palestinien Al-Qods, basé à Jérusalem-Est, a publié un article de Barghouti dans lequel il conteste les politiques actuelles de l’Autorité palestinienne et de son chef, Mahmoud Abbas. Il a déclaré que le « réveil populaire », terme utilisé par les Palestiniens pour qualifier la vague d’attentats actuelle, est « une réponse claire » à l’échec des négociations, qui se sont révélées inutiles et illusoires. Cependant, il a regretté que, depuis son déclenchement, aucun élément palestinien, arabe ou international, n’a profité de ce réveil pour le transformer en un nouveau genre de soulèvement populaire global. Il a souligné que, avant de lancer un tel soulèvement, l’unité nationale est nécessaire. Plus important encore, il est nécessaire de faire revivre le discours de libération nationale.

Barghouti a souligné que le renouvellement du discours de libération nationale aiderait l’Autorité palestinienne à s’affranchir de sa dépendance à l’égard d’Israël et à mettre fin à la coordination sécuritaire avec lui, et permettrait une division du travail entre les groupes de l’AP et de résistance, de telle sorte que l’AP fournirait des services à la population, tandis que les organisations de résistance seraient chargées d’affronter Israël.

Barghouti a accusé l’AP de trahir son rôle et de nier leurs libertés aux Palestiniens, ce qui, dit-il, a créé une fixation idéologique qui empêche la jeune génération de rejoindre le cercle des décideurs et de prendre part à une action en vue de la libération nationale. Il a accusé l’OLP d’omettre d’offrir une vision politique et sociale compatible avec la notion de libération nationale démocratique et éclairée.

« Son Excellence, le président palestinien Marwan Barghouti ». Posté sur un hashtag pro-Barghouti, le 3 mars 2016

Il a ajouté que relancer le discours de libération nationale établirait clairement une différence entre les Palestiniens et les « takfiris » – les organisations djihadistes mondiales telles que l’EI et Al-Qaïda – et les positionnerait comme un mouvement de libération et de résistance dans le camp qui défend le progrès et de la liberté et s’oppose aux guerres et à l’occupation.

En outre, Barghouti appelle à la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, à incorporer toutes les factions palestiniennes dans les institutions de l’OLP, à attirer les jeunes et les femmes en politique, éviter la corruption et se libérer de la léthargie et de la mentalité de marginalisation et d’autocratie qui dominent l’AP. Il a également appelé à convoquer un sommet qui inclurait des représentants de tous les Palestiniens, y compris ceux résidant en Israël et dans la diaspora.

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El Instituto de Investigación de Medios de Información en Medio Oriente (MEMRI) explora el Medio Oriente a través de los medios informativos de la región.

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