Diario Judío México -

Mehdi Ghazanfari, ancien ministre iranien de l’Industrie, des Mines et du Commerce, a déclaré dans une interview diffusée sur la chaîne Ofogh (Iran), le 4 août 2019, que le gouvernement iranien avait dans le passé utilisé les devises étrangères pour « balayer » ses dysfonctionnements économiques « sous le tapis ». Il a expliqué que les problèmes économiques du pays s’étaient manifestés dans la dévaluation de la devise, et que l’Iran avait de la chance d’être soumis aux sanctions, car son isolement par rapport aux devises étrangères mettait au jour ses erreurs économiques, comme l’impression de monnaie en dépit d’un PIB stagnant. Extraits :

Mehdi Ghazanfari : Lorsque nous avons des devises étrangères, nous les utilisons pour couvrir tous nos dysfonctionnements économiques. C’est comme lorsque vous devez balayer votre maison et que vous êtes trop fatigué, alors vous balayez tout sous le tapis. C’est ce que nous avons fait chaque jour avec notre économie… Et ensuite, à la veille du Nouvel An, votre mère soulève le tapis, et elle demande : « Qu’as-tu fait tout ce temps ? » Quand cette « levée du tapis » se produit-elle en économie ? Elle se produit lorsque des sanctions sont imposées. Lorsque les sanctions limitent l’afflux de devises étrangères, nous comprenons soudain les problèmes de notre économie. Ces problèmes se manifestent dans la dévaluation de notre devise nationale. En fait, une partie de cette dévaluation n’est même pas due aux sanctions. Lorsqu’il n’y avait pas de sanctions, nous réussissions à la dissimuler très intelligemment. Les gouvernements imprimaient de l’argent, et le public disait que tout allait bien. Mais en réalité, il n’y avait pas de production, et le PIB n’augmentait pas. Pour dire les choses simplement, l’argent était imprimé, et c’était tout.

Journaliste : Ainsi les sanctions sont telle une lumière dans l’obscurité…

Mehdi Ghazanfari : Les sanctions nous montrent à quel point nous avons agi de manière erronée. On peut même dire que nous avons la chance de pouvoir constater à quel point nous agissons de manière erronée. […] Une partie de l’impact des sanctions est l’exposition des processus… Je devrais répéter cette phrase pour que les gens ne disent pas qu’ils n’ont pas été prévenus… Ces processus ont existé, existent et continueront d’exister si nous continuons de gérer le pays de la sorte. Personne ne fait quoi que ce soit pour réparer ces processus.

Voir les extraits vidéo sur MEMRI TV