Diario Judío México -

L’animateur de télévision égyptien Sayyed Ali a déclaré, lors d’une émission diffusée le 1er juillet 2019 sur la chaîne Alhadath Alyoum (Égypte), que le président américain tentait de gagner les faveurs du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un parce qu’il craignait les armes nucléaires et les missiles balistiques de son pays. Comparant le comportement d’autruche de Trump avec les Nord-Coréens à son comportement de lion avec les Arabes, il a déploré le fait que la Turquie, l’Iran et Israël fassent ce que bon leur semble dans la région, sans pour autant être condamnés par la Ligue ou par les pays arabes.

Ali s’est ensuite demandé pourquoi les pays arabes avaient signé des contrats d’armement d’une valeur de plusieurs milliers de milliards de dollars, s’ils n’utilisent jamais ces armes. Il a affirmé que sa génération, qui avait grandi sur la notion de République arabe unie et d’unité arabe, avait été bernée, ce concept étant périmé depuis longtemps. Ali a ensuite critiqué les Arabes qui déclarent que l’Iran est leur ennemi numéro un au lieu d’Israël. Extraits : 

Sayyed Ali : Quiconque a suivi la visite de Trump en Corée du Nord hier et sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen a dû remarquer comment Trump a essayé de gagner les faveurs de Kim [Jong-un] et comment il s’est comporté comme une autruche avec lui, alors qu’il se comporte comme un lion avec les Arabes. […]

La Corée du Nord possède des armes nucléaires et des missiles balistiques, et a menacé d’anéantir la moitié des États-Unis. Et pourtant Trump s’y est rendu. Regardez ce qu’il fait aux Palestiniens, aux Syriens, aux Libyens et aux Iraniens. C’est un lion avec les Arabes et les musulmans et une autruche avec les Coréens. Pourquoi cela ? Il a peur de la force de la Corée du Nord parce qu’elle possède des armes nucléaires et des missiles balistiques. […]

Vous n’avez pas remarqué quelque chose de très étrange ? Israël, la Turquie et l’Iran se comportent en héros face aux pays arabes, alors que les pays arabes sont impuissants. La Turquie fait tout ce qu’elle veut en Libye, en Syrie et en Irak. L’Iran fait tout ce qu’il veut en Irak, au Yémen et au Liban. Israël fait ce qu’il veut. Et pourtant, la Ligue arabe n’est pas ébranlée. Où est la Ligue arabe ? Quand la Turquie a menacé [la Libye], pourquoi n’y a-t-il pas eu de déclaration [de la Ligue arabe] ? Pourquoi les ministères des Affaires étrangères n’ont-ils pas publié de déclaration de condamnation ? Nous nous plaignions sans cesse que tout ce qu’ils faisaient était de condamner et de dénoncer. Mais maintenant, pas même une seule déclaration de condamnation ou de dénonciation… Hier, Israël a lancé une frappe aérienne sur la Syrie et il y a eu des [morts en] martyrs. Il n’y a pas eu une seule déclaration des pays arabes ou de la Ligue arabe. L’Iran fait tout ce qu’il veut, ainsi que ses mandataires. Ils ont attaqué l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et ont fait en sorte que la vie s’arrête au Liban, mais il n’y a pas eu une seule déclaration [de condamnation]. […]

Une question qui me laisse perplexe. Les pays arabes ont signé des accords d’armement d’une valeur de milliers de milliards – 100 milliards, 200 milliards, 50 milliards, 20 milliards, et 400 milliards de dollars… Pourquoi achetez-vous ces armes exactement ? Quelqu’un a-t-il pensé à cela ? […]

Ma génération a été bernée. Nous parlions d’une République arabe unie, d’une « nation arabe ayant une mission éternelle », et des États arabes unis, de l’unité arabe, des Arabes de l’océan au Golfe… Vous nous avez donné mal à la tête avec ces belles paroles. Nous avons grandi là-dessus et nous y avons cru. Ma génération, du moins… Au bout du compte, il s’avère que nous avons été bernés. Il n’y a pas de nation arabe unie, pas de mission éternelle, rien. Tout s’est éteint il y a longtemps. Maintenant, nous voyons les Israéliens se rendre à Manama et établir des relations, et la chaîne de télévision Al-Jazira invite les Israéliens dans nos chambres à coucher. Certains ont même eu l’obscénité de prétendre que l’Iran – et non Israël – est notre ennemi numéro un.

Voir les extraits vidéo sur MEMRI TV