Diario Judío México - Le 28 avril 2018, le quotidien basé à Londres Al-Quds Al-Arabi contenait un article énumérant les bases du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) et des milices chiites soutenues par l’Iran sur le territoire syrien. Selon le quotidien, l’information provenait de rapports secrets établis par le mouvement Tahrir Al-Watan[1] et d’officiers ayant fait défection de l’armée du régime syrien et ayant suivi une formation dans des académies militaires iraniennes. Certaines des informations proviennent également du mouvement d’opposition iranien Mujahideen Khalq.[2] Le commandant du mouvement Tahrir Al-Watan et chef de la délégation militaire d’opposition aux pourparlers d’Astana, Fateh Hassoun, a déclaré au quotidien Al-Quds Al-Arabi que les informations sur les bases iraniennes en Syrie avaient été transmises à une commission d’enquête internationale et aux agences internationales à Genève.

Le 5 mai 2018, le site d’opposition syrien Orient News affichait un rapport sur les bases iraniennes de la région de Hama, dont des bases non mentionnées dans l’article d’Al-Quds Al-Arabi.

Ce n’est pas la première fois que des informations sur les bases étrangères en Syrie paraissent dans la presse arabe et internationale. Voir par exemple MEMRI en français Etudes de chercheurs arabes sur la répartition des bases militaires étrangères en Syrie, 23 janvier 2018. Extraits :

Hangar détruit à la base aérienne T-4 près de Homs, visée le 9 avril 2018.

Al-Quds Al-Arabi : l’Iran dispose de 19 bases en Syrie

Extraits de l’article d’Al-Quds Al-Arabi :

Avec l’aide de sources militaires haut-placées de l’opposition syrienne, Al-Quds Al-Arabi a obtenu des informations militaires et sécuritaires secrètes sur le déploiement militaire iranien en Syrie. Ces informations révèlent que, par l’entremise du CGRI et des milices chiites, l’Iran a établi 19 bases militaires et logistiques en Syrie, [dont plusieurs] sont regroupées et [d’autres] isolées.

On trouvera ci-dessous une liste des bases iraniennes en Syrie :

  1. La base russe de Khmeimim, ou plus exactement la base aérienne de Khmeimim, sur la côte syrienne. Le général de brigade Fateh Hassoun a déclaré à Al-Quds Al-Arabi que les forces du CGRI avaient utilisé la base aérienne russe à des fins militaires : « Transport logistique, transfert et transport de [troupes] et d’équipement [militaire]. » Les troupes qui entrent par cette base aérienne russe sont généralement en route vers le front syrien Nord.
  2. Des bases sur le front côtier syrien, incluant les gouvernorats de Lattaquié et de Tartous [y compris] le camp Al-Tali ou Al-Shabiba, qui peut accueillir jusqu’à 6 000 hommes, utilisé par le CGRI pour envoyer des hommes se battre dans les régions du mont Al-Akrad et du mont Al-Turkman au nord de Lattaquié. Il y a aussi une base du CGRI dans la région de Jurin près de Hama.
  3. La base Al-Sheikh Najjar à Alep : un centre de commandement spécial du CGRI dans la zone industrielle d’Alep Al-Sheikh Najjar, [établie] après la reprise d’Alep par les forces [du régime syrien] et les milices iraniennes.
  4. Le centre d’opérations de la zone sud d’Alep, dans la ville d’Al-Hader. La ville est considérée comme le centre d’opérations du CGRI et de ses milices pour les régions au sud d’Alep, et est également un centre d’observation des renseignements militaires iraniens. Le commandant de la force Qods du CGRI, Qassem Soleimani, l’a visitée à plusieurs reprises et le chef des opérations militaires du [CGRI] Javad Jafari s’y rend régulièrement.
  5. Une base dans la ville de Mayer, au nord de la région d’Alep. Après la prise de contrôle par les milices chiites des villes de Nubl et d’Al-Zahraa, la ville de Mayer, proche de Nubl, est devenue une base militaire du CGRI, et a été fermée à la circulation des civils. Les commandants du CGRI se sont installés dans la ville, et des troupes du CGRI et de la [milice afghane chiite] Al-Fatimiyoun sont déployées autour pour la défendre.
  6. La base de l’académie militaire Al-Assad : une base située dans l’académie Al-Assad au nord-est d’Alep, sur la route de Hama. Elle abrite un bataillon du CGRI, après l’évacuation de l’académie le transfert de sa majeure partie au CGRI.
  7. Le front Nord, incluant les gouvernorats d’Alep, Idlib et Hama [comprenant les bases suivantes] : le centre d’opérations militaires iranien sur la base de recherches d’Al-Safira (à 30 km au sud-est d’Alep), sur le mont Azan près d’Al-Waga. Elle inclut deux bases : une pour le commandement et une autre pour la planification militaire.
  8. Les bases de la 47e brigade blindée de [l’armée du régime syrien] près du mont Abou Darda et de la 77e brigade, précédemment stationnées dans l’aéroport de Hama et actuellement dans la région du mont Abou Darda. [La base] est située à sept kilomètres du village de Sharahin, et plusieurs brigades du CGRI y sont stationnées. L’état-major du chef des opérations des brigades du CGRI Javad Jafari a été transféré d’Alep vers le sud de Hama, plus précisément vers la base de la 47e brigade.
  9. L’aéroport T-4, à 50 kilomètres de Palmyre, est la principale base des régions orientale et centrale, en raison de sa position [stratégique], que l’Iran utilise comme un pont aérien… Le CGRI l’a utilisé pour concentrer des forces en prévision de l’attaque contre Alep. En 2016, il a abrité plus de 1 000 [hommes] du CGRI.
  10. La base aérienne de Hama, contrôlée par les milices du CGRI et d’Assad. Le CGRI l’utilise pour envoyer des forces au combat. Elle contient plusieurs bases utilisées exclusivement par le CGRI, qui abrite différents experts ayant joué un rôle dans le massacre aux [armes] chimiques de Khan Shaykhoun.
  11. La zone de Homs et la base aérienne de Shairat : cette zone contient trois bases, parmi lesquelles la base aérienne de Shairat, de laquelle sont lancées les missions aériennes spéciales. Cette zone comporte aussi les centres des 11e et 18e divisions au sud de Homs, depuis lesquels les troupes sont dispersées vers le nord et l’est de la Syrie.
  12. Le front central et Al-Qalamoun, incluant Homs, Hama et la région orientale. Les centres du CGRI y incluent la base Trois, près de la ville d’Al-Dumayr dans la région rurale de Damas, sur l’autoroute Damas-Bagdad. Si la région administrative appartient au gouvernorat de Rif Dimashq, la base du CGRI l’a délibérément annexée à la région orientale.
  13. Le quartier-général du CGRI à Naba Al-Fawar, situé à Quneitra dans le sud de la Syrie, près de Sasa, à 15 kilomètres du plateau du Golan. Cette garnison est contrôlée par le Hezbollah, et la base abrite aussi des forces du CGRI. Près de 2 000 hommes du Hezbollah et du CGRI y sont hébergés.
  14. La base du CGRI d’Izra dans la région rurale de Dera. Située près de la ville d’Izra (pas loin de la ville d’Al-Shaikh Maskin), ce site contient une base de missiles SAM [terre-air], qui abrite l’unité de missiles de la division Al-Mahdi Shiraz, ainsi que des forces du CGRI.
  15. La base d’Al-Yarmouk, située dans ce qui était autrefois l’université d’Al-Yarmouk, près de la base 1800. Elle abrite des forces du CGRI et du Hezbollah.
  16. Le front Sud : inclut Rif Dimashq, Dera, Al-Quneitra et Al-Suweida. Parmi les bases, figurent la base 18000 ou base Zaynab, qui utilise le bâtiment de l’université comme état-major. Elle est située sur la route Damas-Dera, à 60 kilomètres [de Damas], et abrite les forces blindées du CGRI, les troupes des Forces de Défense nationale, les unités auxiliaires du CGRI et les forces Al-Fatimiyoun.
  17. La base d’Al-Kiswa dans la région rurale de Damas : établie comme base permanente pour les opérations militaires au sud de Damas, [pour les forces iraniennes] et aussi pour la 1e Division des milices d’Assad. En 2017, des travaux ont été entrepris sur un site appartenant aux milices d’Assad à l’extérieur d’Al-Kiswa, à 50 kilomètres du plateau du Golan.
  18. Le centre d’Al-Shiban à Damas (base Imam Hussein) : situé dans la région d’Al-Shibani au nord-ouest de Damas, entre la capitale et Al-Zabadani, c’était autrefois une base de la Garde républicaine syrienne. Elle abrite aujourd’hui les forces de commandos Al-Firqa 19 Fajr Shiraz, ainsi que des forces du Hezbollah et d’Al-Fatimiyoun, dont les effectifs peuvent atteindre 3 000 hommes.
  19. La base Glasshouse située près de l’aéroport de Damas et considérée comme le siège de l’état-major du CGRI en Syrie. Le CGRI a choisi d’installer son état-major près de l’aéroport, du fait qu’il est considéré comme le dernier endroit qui sera attaqué [par l’ennemi]. [Responsable du] déploiement des forces du CGRI qui arrivent en Syrie par la voie aérienne [vers différentes régions du pays].[3]

Un site syrien d’opposition présente les bases iraniennes dans la région de Hama

Une information sur le site Orient News, postée le 5 mai, énumérait les bases iraniennes dans la région de Hama, citant Abou Steif Khatabi, officiel d’un organe de surveillance, « Al-Rasd 80 ». Aux côtés de plusieurs bases qui sont mentionnées par Al-Quds Al-Arabi, le site mentionne des bases supplémentaires :

  1. Une base au sud du mont Zain Al-Abedin, au nord de Hama.
  2. Une base dans l’école Al-Mujanzirat à l’est de Hama, abritant les hélicoptères des commandants iraniens.
  3. Une grande base sur la route Athraya dans la région rurale à l’est de Hama, près du village d’Al-Sheikh Hilal.
  4. Une base à Rahba Khatab.
  5. Une base près des chutes d’Al-Zawi, proche de la ville de Masyaf à l’ouest de Hama.
  6. Un centre de recherche et développement d’armes au sud de Hama.
  7. Une installation de défense et de recherche à Al-Sheikh Ghadban, dans la zone rurale de Masyaf, qui développe et fabrique des armes, y compris des bombes barils.

Un commandant de la faction syrienne Jaysh Al-Aza, Moustafa Bakour, a ajouté que les Iraniens étaient également présents sur la centrale électrique de Maharda et dans la ville de Qamahana, et que des conseillers militaires iraniens étaient présents dans les villes de Maan, Suran et Taybat Al-Imam.[4]

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Mouvement qui fait partie de l’Armée syrienne libre et opère au nord de Homs.

[2] Mouvement qui opère à l’extérieur de l’Iran contre le régime iranien et ses officiels. En 1997, il a été désigné comme organisation terroriste par les Etats-Unis et en 2002 par l’Union européenne.

[3] Al-Quds Al-Arabi (Londres), 28 avril 2018.

[4] Orient-news.net, 5 mai, 2018.

 

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