Diario Judío México - Le 28 juin 2018, MEMRI publiait sa traduction de la vidéo d’un sermon prononcé en arabe par Mohamed Tataï, imam de la mosquée Ennour de Toulouse, actuellement imam de la nouvelle Grande Mosquée de Toulouse, qui préside depuis 2005 le Cercle pour le dialogue civilisationnel, association à but non lucratif destinée à « faciliter le dialogue entre les citoyens au niveau socio-culturel »[1]. Tataï serait également proche du parti islamiste sunnite algérien, le Front islamique du salut (FIS).[2]

Dans son sermon, prononcé le 15 décembre 2017,[3] Tataï a rapporté un hadith bien connu sur la bataille attendue entre musulmans et les juifs à la fin des temps : « [Le prophète Mahomet] nous a parlé de la bataille finale et décisive : ‘Le Jour du jugement n’arrivera que lorsque les musulmans combattront les juifs. Les juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : ô musulman, ô serviteur d’Allah, un juif se cache derrière moi, viens le tuer, sauf l’arbre Gharqad, qui est l’un des arbres des juifs.’

Il a ensuite laissé entendre qu’Israël allait bientôt disparaître : « Le Premier ministre [israélien]… a dit qu’il craignait qu’Israël ne subsiste pas plus de 76 ans, comme il est écrit dans les prophéties [des juifs]. Par conséquent, lorsque leur président est décédé il y a deux ans, et que les gens sont venus lui rendre leurs derniers hommages, l’un de leurs célèbres journalistes a dit : ‘Les gens ne sont pas venus aujourd’hui à l’enterrement de Peres, mais à l’enterrement d’Israël.’” Le sermon a été mis en ligne sur la chaîne YouTube de la Grande Mosquée de Toulouse, le 30 janvier 2018.

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Pour voir cette vidéo en français de MEMRI TV, cliquez ici ou ci-dessous. 

Ce hadith, qui fait référence à la Fin des Temps, où les musulmans combattront les juifs et les tueront, est régulièrement repris dans des sermons et discours antisémites ; les recherches de MEMRI l’ont identifié à de nombreuses reprises. Son utilisation dans un sermon antisémite à Toulouse, en France, et sa référence au meurtre de juifs, sont particulièrement préoccupantes au vu de l’antisémitisme musulman grandissant en France, et de l’assassinat d’écoliers et d’un enseignant en 2012, dans l’école juive de Toulouse, par le djihadiste Mohamed Merah.

Lors de l’inauguration, le 23 juin 2018, [4] de la Grande Mosquée de Toulouse, Tataï a également souligné le fait que la nouvelle mosquée allait “instiller des valeurs de paix” en tant que “rempart contre l’extrémisme”[5] Il a également déclaré que “la Grande Mosquée ne bénéficie pas seulement à la communauté musulmane, elle bénéficie à tous les habitants de Toulouse en termes de culture… La mosquée est une marque de respect et de tolérance entre tous les habitants de Toulouse. »[6]

La vidéo de MEMRI TV a été largement relayée par les médias en France et dans le monde, et de nombreux politiciens, figures publiques et groupes français, ont appelé à prendre des mesures contre Tataï. Une enquête a été ouverte pour “incitation à la haine”. [7]

Selon des informations parues dans les médias, Tataï aurait déclaré que ses remarques avaient été sorties de leur contexte et qu’elles ne contenaient aucune incitation à la violence contre les juifs. Il a précisé : « La traduction [par MEMRI] est quelque peu modifiée et a été décontextualisée […] Ce message nous avertit que nous ne devons pas commettre ces actes, si nous voulons éviter le Jour du Jugement dernier.” [8]

Ensuite, le 5 juillet 2018, une vidéo a été mise en ligne sur la chaîne YouTube de la Grande mosquée de Toulouse, dans laquelle l’imam Tataï précise que dans ses déclarations et dans son sermon sur la fin d’Israël, il parlait de la fin de l’Etat d’Israël, et non de la fin du judaïsme en tant que religion ou des juifs en tant que peuple. Il n’a toutefois pas mentionné son utilisation du hadith. MEMRI a diffusé une traduction de cette vidéo également.

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En outre, dans un sermon de 2015, Tataï évoquait les attentats du 11 Septembre et l’Occident (voir MEMRI TV en français, L’imam de Toulouse Mohamed Tatai sur le 11 Septembre : « Le monde entier sait que certaines choses ont été inventées » – Archives, 3 juillet 2015). Dans ce sermon, il affirmait : « Sont arrivés les événements du 11 Septembre… Nous savons, et le monde entier sait, que certaines choses ont été inventées… Ils veulent effacer l’histoire et éteindre sa lumière. Ils veulent discréditer les fidèles [de l’islam], afin d’éloigner les gens de notre religion et de nous-mêmes. Ils éloignent les gens de l’islam et des musulmans. »

Cette vidéo de MEMRI TV exposant les déclarations antisémites d’un imam de premier plan, qui est aussi impliqué dans des initiatives interconfessionnelles, est un nouvel exemple de la manière dont notre projet débusque les imams radicaux qui sévissent en Occident. Au cours des deux dernières années, les traductions par MEMRI de déclarations antisémites et haineuses de la part d’imams aux Etats-Unis, au Canada, en Espagne, Allemagne, Italie, Danemark, Australie et dans d’autres pays, ont donné lieu à des actions en justice et à d’autres actions les attaquant pour incitation à la haine et à la violence, liens avec le terrorisme, et autres. MEMRI s’emploie également à promouvoir des imams et autres personnes qui s’expriment contre la haine et la violence.

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Suites de la traduction par MEMRI du sermon de l’imam Tataï

La traduction par MEMRI du vidéoclip du sermon de l’imam Tataï, prononcé le 15 décembre 2017 à Toulouse, a été largement couverte par les médias français et a conduit à sa dénonciation, à des plaintes en justice et à des actions de la part de personnalités publiques, de groupes juifs français et des autorités. Elle a également suscité des réactions de Tataï et des prises de position de la part de dirigeants musulmans algériens et français pour le soutenir – suivies d’une volte-face et d’une « vive condamnation ».

On trouvera ci-dessous un récapitulatif des événements qui ont suivi la mise en ligne de la vidéo traduite par MEMRI, ainsi que d’autres sermons de l’imam Tataï traduits par MEMRI.

Action des autorités et plaintes d’organisations juives françaises

Après la publication du clip et sa couverture par les médias, le procureur de Toulouse a ouvert une enquête sur Tataï pour “éventuelle incitation à la haine”[9]. Selon les médias, le cabinet du procureur de Toulouse a affirmé que “le préfet de la Haute-Garonne avait enjoint au cabinet du procureur de Toulouse d’enquêter pour savoir si cela était constitutif d’incitation à la haine”.[10] Le ministère de la Justice a déclaré qu’il lui faudrait un mois pour obtenir une traduction officielle de l’intégralité de la vidéo originale.[11] Le 17 juillet, il a été rapporté que le cabinet du procureur de Toulouse avait reçu une traduction certifiée du sermon de Tataï, et qu’il rendrait sa décision sur cette affaire dans la première quinzaine d’août.[12]

La principale institution juive française, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a déclaré le 29 juin qu’il “condamne avec la plus grande fermeté les appels à la haine prononcés par l’imam de Toulouse Mohamed Tataï. [Celui-ci] appelle à l’élimination du peuple juif et annonce la fin prochaine d’Israël”. [13]

Twitter.com/Le_CRIF/status/1012626313285431296, 29 juin 2018.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a déclaré dans un communiqué : “Pour l’UEJF, cet appel au meurtre des juifs est particulièrement inquiétant, a fortiori lorsqu’il est commis à Toulouse, dans la ville où Mohamed Merah a tué des enfants juifs à bout portant dans l’école d’Ozar Hatorah de Toulouse le 19 mars 2012. L’UEJF dépose plainte pour incitation à la haine raciale contre Mohamed Tataï et appelle le Parquet à ouvrir une enquête et le ministère de l’Intérieur à fermer ladite mosquée. » [14]

En outre, le président du B’nai B’rith de France, Philippe Meyer, a mis en ligne le 27 juin un lien vers le vidéoclip de MEMRI et ajouté qu’il était “choqué par la rhétorique antisémite et les prophéties sur la fin d’Israël” et que cette rhétorique ne pouvait servir de fondement à la “construction de l’islam en France” et qu’une “telle incitation à la haine devait être punie”. Il a ajouté que les propos de Tataï sur la tolérance constituaient un “double discours inacceptable”. [15]

L’imam Tataï répond aux critiques : “J’exprime mes regrets… parce que la traduction était erronée” ; “l’objectivité du site MEMRI… est parfois contestée” ; le hadith dans le sermon a été “décontextualisé”, “falsifié” par ceux qui “pêchent en eaux troubles”

4 juillet : « J’exprime mes regrets… Parce que la traduction n’était pas exacte”

Dans une interview vidéo du 4 juillet sur la chaîne France 3 Midi-Pyrénées, l’imam Tataï a affirmé : “Je suis vraiment inquiet [une voix-off lui murmure de dire plutôt ‘désolé’] et désolé parce que la traduction n’était pas correcte. Malheureusement, cela n’est pas notre but, ni le vrai sens du hadith. Je comprends l’inquiétude de la famille juive à Toulouse ou [ailleurs] en France. Je suis vraiment désolé. Si vous voyiez notre histoire avec la coopération, les amis et anciens rabbins M. Haïk et M. Matusof, aujourd’hui et depuis toujours, [vous sauriez que] notre discours vise la fraternité et la paix ».[16]

5 juillet : “L’objectivité du site MEMRI… est parfois remise en cause dans la presse”

Dans une interview publiée le 5 juillet par La Dépêche, Tataï a déclaré : « Dans la partie du prêche cité par MEMRI, le Prophète met en garde les fidèles face à un conflit avec les juifs, qui est justement un signe avant-coureur de l’Apocalypse. Comme dans les autres hadiths qui annoncent la fin du monde, ce qui est décrit c’est précisément ce qu’il faut éviter. […] L’objectivité du site MEMRI – créé par un ancien membre des services secrets israéliens – est parfois contestée dans la presse. Les gens qui animent ce site ne peuvent pas surveiller la sécurité des communautés en France mieux que les Français. Cette accusation met en cause les compétences des organes de sécurité publique qui écoutent et regardent mes prêches… Quand Memri parle de Merah ou du Salafisme, il ignore que nous n’avons aucun rapport avec ces gens-là. Qu’est-ce qu’un site basé à Washington comprend à la situation à Toulouse ? » [17]

L’interview a également été mise en ligne sur le site Internet de la Grande Mosquée de Toulouse.[18]

6 juillet : La Grande Mosquée de Toulouse : « Notre imam renoue courageusement avec la communauté juive !” Le hadith du sermon de décembre 2017 a été “décontextualisé”, “falsifié” par des gens qui “pêchent en eaux troubles”

Le 10 juillet, la chaîne YouTube de la Grande Mosquée de Toulouse, dans une vidéo, non disponible, intitulée “Notre Imam renoue courageusement avec la communauté juive !”[19] a téléchargé une vidéo du sermon du vendredi 6 juillet de Tataï, dans laquelle il affirmait que le hadith de son sermon de décembre 2017 avait été “décontextualisé” et “falsifié” par des gens qui “pêchent en eaux troubles, qui portent atteinte à l’islam et au judaïsme et aux musulmans et aux juifs” et “qui commercent dans le sang et l’honneur des autres”. Le prophète Mohammed faisait en réalité référence aux “pires créatures d’Allah, à la fin des temps”, affirme-t-il, qui seraient les seules à subsister sur terre. La vidéo a également été mise en ligne en première page du site de la mosquée. Elle comportait pour introduction : « Notre cheikh, Mohamed Tataï, imam de la Grande Mosquée de Toulouse, répare courageusement ce que les falsificateurs ont cherché à détruire : la paix publique. »

Pour voir cette vidéo en français de MEMRI TV, cliquer ici ou ci-dessous.

« Notre imam renoue courageusement avec la communauté juive !” Vidéo sur le site Internet de la Grande Mosquée de Toulouse (grande-mosquee-toulouse.fr, consultée le 16 juillet 2018)

Réactions du gouvernement français et de personnalités 

Le 5 juillet, le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb a évoqué le “vent mauvais de l’antisémitisme ordinaire, mais aussi vent mauvais porté par les discours haineux de l’islamisme radical. Et je souhaite que la France entière puisse y faire front dans toutes ses composantes, car face au danger qui menace, il ne peut y avoir de faux-fuyants. C’est pourquoi je condamne naturellement les paroles de l’imam de la Grande Mosquée d’Empalot à Toulouse, qui ne peuvent avoir leur place dans notre République. Car ce sont ces vents mauvais qui sont à l’origine […] de la recrudescence des actes antisémites. » [20]

Mohamed Sifaoui, franco-algérien fondateur et dirigeant du magazine français Contre Terrorisme, qui a dénoncé depuis plusieurs décennies la menace islamiste, a tweeté le 30 juin : “Voici la vidéo intégrale dans laquelle l’imam Mohamed Tataï tient un prêche antisémite. Elle fait 30 minutes. D’aucuns pourront ainsi la faire traduire. J’atteste pour ma part que la traduction initiale réalisée par @memri.fr est totalement exacte. » Il a également suggéré que Tataï ne soit plus autorisé à faire de prêches.[21]

Le 29 juin, le membre de l’Assemblée nationale française Eric Ciotti a tweeté un lien vers le vidéoclip de MEMRI et écrit que “l’appel au meurtre lancé par l’imam de la Mosquée de Toulouse est inualifiable” et a appelé à la fermeture de la mosquée.

A gauche : Twitter.com/Sifaoui/status/1013112655958216704, 30 juin 2018.          A droite : Twitter.com/ECiotti/status/1012671364799631361, 29 juin 2018

Tataï « présente ses excuses… pour l’interprétation décontextualisée” de ses remarques ; le recteur de la Grande Mosquée de Paris l’exonère de ses erreurs ; des dirigeants musulmans algériens, et un ministre algérien expriment leur soutien ; le Bureau de vigilance contre l’antisémitisme français (BNVCA) dépose plainte contre le recteur – qui fait marche arrière, et “condamne fermement” les déclarations de Tataï

2 juillet : la Grande Mosquée de Paris : l’imam Tataï “présente ses excuses” à la communauté juive pour “l’interprétation décontextualisée de ses propos” ; nous voulons que l’imam Tataï poursuive sa mission de paix”

Après la publication de la vidéo de MEMRI TV et la couverture médiatique qui lui a fait suite, la Grande Mosquée de Paris a publié un communiqué de presse affirmant que Tataï avait été convoqué par le recteur, Dalil Boubakeur, pour entendre ses explications, en présence du conseil des imams, “suite à la polémique provoquée par une vidéo diffusée sur YouTube, dans laquelle, en décembre 2017, il évoque un hadith dans un prêche consacré à l’eschatologie des fins dernières et à la souffrance du peuple juif”.

Le communiqué poursuivait : “L’imam Mohammed Tataï proteste vivement de sa bonne foi. Il s’excuse profondément auprès de ses amis de la communauté juive de Toulouse et de France de l’interprétation décontextualisée de ses propos. Il rappelle qu’il a toujours appelé dans ses prêches au respect de toutes les communautés religieuses et en particulier la communauté juive, qu’il évoque constamment en terme favorable… Aussi, l’imam Mohammed Tataï s’engage comme par le passé à insister sur le vivre-ensemble et sur la nécessaire entente inter-religieuse. Et en raison de son engagement exemplaire à Toulouse et dans la région en faveur du vivre ensemble, la Mosquée de Paris souhaite que l’imam Tataï poursuive sa mission dans la paix, le dialogue et la sérénité. La Mosquée de Paris saisit cette occasion pour inviter tous les imams de France à observer une stricte impartialité dans leurs propos… notamment à l’égard des religions du Livre [les chrétiens et les juifs] dans le respect scrupuleux de toutes les croyances. Dr Dalil Boubakeur, Président de la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris – FGMP. »[22]

Le communiqué de presse.
Le communiqué de presse de la Grande Mosquée de Paris, sur le site Internet (à présent retiré), tel qu’elle l’a tweeté (Twitter.com/mosqueedeparis/status/1013749343936008193 ) (2 juillet 2018).

La Grande Mosquée de Toulouse a également mis en ligne le communiqué sur son site Internet.[23]

Grande-mosquee-toulouse.fr, consulté le 13 juillet 2018.

3 et 7 juillet : Des médias et des officiels algériens soutiennent le “pur” imam Tataï – qui a été “disculpé des allégations” le visant par la Grande Mosquée de Paris, affirmant que “nous en Algérie adoptons et soutenons cette position »

Le 3 juillet, la chaîne algérienne Ennahar TV a rapporté que la Grande Mosquée de Paris avait disculpé Tataï de l’accusation d’incitation à la haine, reprenant l’argument selon lequel le hadith avait été « décontextualisé ».[24] Quelques jours plus tard, lors d’une conférence de presse le 7 juillet, le ministre algérien des Affaires religieuses et des Fondations religieuses Mohamed Issa a pris la défense de Tataï. Issa a accusé les “médias extrémistes” d’affronter l’islam et a dit que l’imam Tataï, qui est d’origine algérienne, était “trop pur pour commettre l’erreur d’enfreindre les lois du pays dans lequel il officie”. Il a ajouté : « La réponse que j’ai obtenue du recteur de la mosquée de Paris – ou plutôt, du conseil religieux de la mosquée de Paris, qui a été convoqué en présence du Cheikh Tataï – est que le Cheikh Tataï a été disculpé des accusations, et nous, en Algérie, adoptons et défendons cette position. Nous espérons que les médias extrémistes cesseront d’offenser l’islam. » Il convient d’observer que l’Algérie et le Koweït avaient aidé financièrement l’imam Tataï à acquérir le terrain pour la Grande Mosquée de Toulouse.[25]

Pour voir la vidéo en français de MEMRI TV sur la conférence de presse du ministre Issa, cliquer ici ou ci-dessous.

4 juillet : Le recteur de la Grande Mosquée de Paris au maire de Toulouse : « Nous condamnons et regrettons vivement… les propos totalement incongrus de cet imam qui cite un texte (hadith) d’Abou Hourayra… » ; « cet imam se doit d’organiser une rencontre d’excuses et d’explications avec les Toulousains »

Dans une lettre ouverte publiée le 4 juillet, adressée au maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Boubakeur, écrit : « Nous condamnons et regrettons vivement… les propos totalement incongrus de cet imam qui cite un texte (hadith) de Abou Hourayra… » et « notre position est que cet imam se doit d’organiser une rencontre d’excuses et d’explications avec les Toulousains ». La lettre a également été tweetée le 6 juillet par la Grande Mosquée de Paris. Selon le tweet : Boubakeur « condamne et regrette ‘les propos totalement incongrus de cet imam’ ».

La lettre et le tweet (Source : Twitter.com/mosqueedeparis/status/1015160748299997184, 6 juillet 2018)

5 juillet : Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme porte plainte contre le recteur de la Grande Mosquée de Paris

A la suite du communiqué de presse publié par la Grande Mosquée de Paris en juillet, il a été rapporté que le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme avait déposé le 5 juillet une plainte contre le recteur Boubakeur, en raison de sa prise de position en défense de Tataï.[26]

12 juillet : La Grande Mosquée de Paris fait marche arrière, « devant l’ampleur prise par la polémique… et les malentendus sur notre position… nous condamnons très fermement ses propos ».

Le 12 juillet, la Grande Mosquée de Paris a publié un nouveau communiqué, visant à « réaffirmer [sa] condamnation ferme et sans équivoque des termes utilisés par cet imam lors de son prêche tenu en décembre 2017 ». Elle ajoute que ce hadith bien connu et souvent cité « n’avait pas lieu d’être exhumé de son oubli ».

Il convient d’observer que le communiqué originel publié le 2 juillet par la mosquée ne peut plus être consulté sur son site Internet, même s’il demeure accessible sur son fil Twitter et sur le site Internet de la Grande Mosquée de Toulouse.

Selon ce nouveau communiqué : « Devant l’ampleur prise par la polémique suscitée par les propos de l’imam Tataï de Toulouse et les malentendus sur notre position, nous tenons à réaffirmer notre condamnation ferme et sans équivoque des termes utilisés par cet imam lors de son prêche tenu en décembre 2017… Nous condamnons très fermement ses propos relatifs à un hadith rapporté par un auteur traditionaliste (Abou Hourayra), lui-même rejeté par la dynastie musulmane des Omeyyades. Un hadith qui n’avait pas lieu d’être exhumé de son oubli. »

« L’imam Tataï de Toulouse, n’appartenant pas à notre Fédération nationale de mosquées (FNGMP), a été convoqué par nous-mêmes à Paris, lundi 2 juillet, aux seules fins de lui signifier notre totale désapprobation et notre condamnation. »

« Nous [Boubakeur] lui avons fortement recommandé de présenter ses excuses aux autorités religieuses du judaïsme toulousain et de les rencontrer dans un esprit de paix. »

« Cette occasion malheureuse nous amène à rappeler tous les imams de France d’être vigilants sur tous propos qui porteraient atteinte à toutes religions et à toutes croyances et qui seraient contraires aux valeurs de tolérance et de paix prônées par l’islam. » Recteur Dalil Boubakeur.[27]

Le communiqué de la Grande Mosquée de Paris, tweeté par celle-ci le 12 juillet 2018.

 13 juillet : Des informations dans les médias algériens sur la “dénonciation” par la Grande Mosquée de Paris de la “rhétorique” de Tataï

Selon des informations publiées le 13 juillet par la chaîne Dzaïr News TV, la Grande Mosquée de Paris aurait “dénoncé” la “rhétorique” de Tataï. « La Grande Mosquée de Paris a dénoncé le langage utilisé par l’imam de la mosquée de Toulouse en France, l’Algérien Mohamed Tataï, accusé après avoir incité à l’antisémitisme et à la haine des juifs. [L’affaire] a été portée devant les tribunaux français. Une déclaration signée par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, fait part de la condamnation claire et sans ambiguïté de la Grande Mosquée quant à la formulation de cet imam dans un sermon prononcé en décembre 2017 dans une mosquée de Toulouse. Le communiqué de la Grande Mosquée est en contradiction totale avec les déclarations antérieures du ministre [algérien] des Affaires religieuses Mohamed Issa, qui avait nié le caractère antisémite des discours de l’imam. »

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Pour voir la vidéo en français de MEMRI TV, cliquer ici ou ci-dessous.

Lien vers le rapport en anglais

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Notes :

[1] Cdctoulouse.chez.com/brochure2.htm, Francais.islammessage.com/Content_Details.aspx?id=17404.

[2] Tsa-algerie.com/a-toulouse-limam-algerien-mohamed-Tataï-met-en-colere-le-prefet-le-crif-et-la-mosquee-de-paris/, 17 juillet 2018.

[3] Grand Mosque of Toulouse on YouTube, 5 juillet 2018.

[4] Grande-mosquee-toulouse.fr/.

[5] Times of , 30 juin 2018.

[6] Youtube.com/watch?v=Jwpn_YUyWPw, RT (Russia) UK channel, 6 juillet 2018.

[7] Times of , 30 juin 2018.

[8] Youtube.com/watch?v=Jwpn_YUyWPw, RT (Russia) UK channel, 6 juillet 2018.

[9] Times of , 30 juin 2018 ; Youtube.com/watch?v=Jwpn_YUyWPw, RT channel, 6 juillet 2018.

[10] Youtube.com/watch?v=Jwpn_YUyWPw, RT (Russia) UK channel, 6 juillet, 2018.

[11] France3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/video-apres-ses-propos-juifs-imam-toulouse-s-explique-1506553.html, 4 juillet 2018.

[12]AFP, Le Journal du dimanche, Le Figaro, 17 juillet 2018.

[13] Twitter.com/Le_CRIF/status/1012626313285431296, 29 juin 2018.

[14] Uejf.org/blog/2018/06/communique-luejf-depose-plainte-contre-limam-mohamed-Tataï/.

[15] Uejf.org/blog/2018/06/communique-luejf-depose-plainte-contre-limam-mohamed-Tataï/.

[16] Times of , 30 juin 2018.

[17] France3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/video-apres-ses-propos-juifs-imam-toulouse-s-explique-1506553.html, 4 juillet 2018.

[18] Ladepeche.fr/article/2018/07/05/2830971-mohamed-Tataï-imam-empalot-preche-vise-ni-judaisme-ni-peuple.html, 5 juillet 2018.

[19] Grande-mosquee-toulouse.fr/.

[20] Youtube.com/watch?v=OhVfmTJ56U0, 10 juillet 2018.

[21] Interieur.gouv.fr/Le-ministre/Interventions-du-ministre/Diner-du-Conseil-Representatif-des-Institutions-Juives-de-France-Marseille-Provence-CRIF, 5 juillet 2018.

[22] Twitter.com/Sifaoui/status/1013112655958216704, 30 juin 2018.

[23] Mosqueedeparis.net/mosquee-de-toulouse-mise-au-point-de-limam-Tataï/, 2 juillet 2018.

[24] Grande-mosquee-toulouse.fr.

[25] Ennahar TV, YouTube, 3 juillet 2018.

[26] La Dépêche, 10 juin 2018.

[27] Bnvca.org, 4 juillet 2018.

[28] Mosqueedeparis.net/polemique-sur-limam-de-toulouse-mise-au-point/12 juillet 2018.

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