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Lors d’une émission diffusée sur la BBC en arabe (Royaume-Uni) le 15 février 2019, Yamina Thabet, responsable de l’Association tunisienne de soutien aux minorités, a critiqué le programme éducatif tunisien qui omet de mentionner les chrétiens et les juifs tunisiens, ce qui est dû selon elle à la Constitution, laquelle définit l’identité tunisienne comme musulmane. Elle a également déclaré que les droits à la confidentialité garantis par la Constitution étaient bafoués, afin de vérifier l’orientation sexuelle des gens, ajoutant que les homosexuels étaient emprisonnés pour trois ans. Pour en savoir plus sur Yamina Thabet, voir MEMRI TV Clips n° 3998 et 5221 en français. Extraits :

Yamina Thabet : Lors de la rédaction de la Constitution de la Deuxième République tunisienne en 2014, nous avions exigé de mettre l’accent sur « la civilisation tunisienne », plutôt que sur « la civilisation arabe musulmane ». Il y a des choses encore pires dans la Constitution tunisienne. L’article 38 [sic] stipule que l’Etat tunisien « doit s’employer à consolider » l’identité arabo-musulmane dans le système éducatif. Pourtant, j’ai examiné les programmes scolaires des écoles publiques, et je peux vous assurer qu’il n’est pas fait mention des chrétiens tunisiens, ni des juifs qui se sont battus pour notre indépendance. Permettez-moi de vous rappeler et d’informer nos téléspectateurs que trois papes catholiques sont originaires de Tunisie. Comment se fait-il que la génération actuelle en Tunisie soit privée de cette information ? Comment se fait-il qu’un Tunisien qui se convertit au christianisme aujourd’hui soit considéré comme un apostat ou un traître ? La raison en est que la Constitution définit l’identité tunisienne comme musulmane. Parlons à présent des minorités sexuelles. C’est très important. La Constitution de la Deuxième République tunisienne garantit le droit à la vie privée, le droit à la dignité humaine et la confidentialité de la correspondance. Mais aujourd’hui, la confidentialité de la correspondance est violée, pour vérifier l’orientation sexuelle d’une personne. [Les homosexuels] sont condamnés à trois ans de prison. Des examens rectaux sont effectués. Cela relève de l’humiliation et de la torture. Ils sont effectués pour vérifier l’orientation sexuelle d’une personne, et [les homosexuels] sont emprisonnés pendant trois ans. Cela est effectué conformément à l’article 230 du Code pénal, qui est le produit du colonialisme français plutôt que de la volonté du peuple, telle qu’exprimée dans la Constitution, qui garantit la dignité de chacun.

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