Levin est né à Kimpelung, en Bucovine, en 1914. À partir de 1919, il vit à Czernowitz. Il étudie la langue et la littérature yiddish au séminaire du « Yiddisher Shul-Farayn » et en même temps apparaît au cours de récitals de prose et de poésie yiddish, chantant souvent ses propres mélodies. Les premiers récitals de Levin sont chaleureusement acclamés par le linguiste et philologue Dr Haim Gininger. Dans un long et élogieux article, publié dans la revue littéraire de Bucarest « Di Vokh » le 31 janvier 1935, il écrit : «  Levin s’est montré un excellent interprète de la poésie yiddish… Levin est peut-être le premier à interpréter Manger. Jamais auparavant nous n’avons été aussi enivrés par le paysage et le parfum spécifique de Manger que lorsque Levin en a récité ses balades… »

Hersh Segal publie en 1939 à Czernowitz le petit album « Zeks Shloflider » (« Six berceuses »), composé des mélodies de Levin sur des poèmes de I. Manger, H. Leivick, M.-L. Halpern, A. Reisen et N. Yud, illustré par Isiu Sherf. L’une de ces chansons intitulée « Az du vest batsoln, bruder… », de M.-L Halpern, a traversé l’océan pour devenir une chanson populaire du vivant même du compositeur.

Levin à doite, à la Yidisher shulfarayn (Union des écoles juives), à milieu des années 30 à Czernowitz

Levin a donné d’innombrables récitals à Czernowitz, Bucarest et dans de nombreuses villes de Roumanie. C’est un véritable troubadour de la littérature yiddish. Il a récité les fables d’Elieser Steinbarg avant même qu’elles ne soient publiées. À Beldz (Bessarabie), il rencontre le folkloriste Zelik Barditshever et devient le premier artiste à interpréter ses chansons sur scène. Les partitions issues du livre « Zelik Barditshever. Lider Mit Nigunim », publié par Hersh Segal à Czernowitz en1939, ont été précisément retranscrites à la suite du chant et de l’interprétation de Levin.

Quand en 1941, la guerre éclate entre l’Allemagne et l’URSS, Levin est appelé sous les drapeaux et plus tard envoyé dans un camp de travail dans l’Oural. En 1942, il est arrêté et condamné sans procès à quinze ans de prison. Ce n’est qu’en 1956 qu’il est libéré et enfin « réhabilité ». Il se produit pendant encore six ans, – dont trois en compagnie de Nechama Lifshitz, – mais doit ensuite quitter la scène, sa santé ayant été gravement altérée par son passage dans les camps de prisonniers.

Cependant, il persiste à mettre en musique la poésie yiddish. En 1972, il immigre en Israël. C’est alors qu’il met en musique, entre autres, six poèmes en hébreu. Quelques enregistrements de ses chansons ont été réalisés par Kol Israel dans les années soixante-dix. Il a également traduit de l’allemand en yiddish tous les poèmes de la poétesse de Czernowitz, Selma Meerbaum-Eisinger (une cousine de Paul Celan), morte dans un camp nazi à l’âge de 18 ans, et a mis en musique six de ses poèmes. Son dernier concert en 1982, à Jérusalem, a également été enregistré par Kol Israel.

Levin meurt en 1983, à Herzlia, en Israël, à l’âge de 69 ans. Il laisse environ 80 compositions créées à partir des plus belles paroles de la poésie yiddish. Les chansons sur textes de poésie en hébreu, avec arrangements pour piano de Hanan Winternitz, ont été publiées en 1990 à la Bibliothèque musicale Nisimov de Tel Aviv. Une anthologie de 49 chansons tirées de la poésie yiddish, avec arrangements pour piano de H. Winternitz, a été publiée en 2005 aux Editions « I. L. Peretz Publications », à Tel-Aviv.  Cette anthologie contient 49 chansons autour de poèmes provenant de 21 poètes yiddish (I. Manger, H. Leivick, A. Reisen, H. N. Bialik, M.-L. Halpern et autres), des photos et des dessins. Ruth Levin, la fille du compositeur et chanteuse de renom, en a écrit la préface et l’épilogue. Tous les textes sont en yiddish, en anglais et en hébreu.

Fuenteiemj

SIN COMENTARIOS

Deja tu Comentario

A excepción de tu nombre y tu correo electrónico tus datos personales no serán visibles y son opcionales, pero nos ayudan a conocer mejor a nuestro público lector

A fin de garantizar un intercambio de opiniones respetuoso e interesante, DiarioJudio.com se reserva el derecho a eliminar todos aquellos comentarios que puedan ser considerados difamatorios, vejatorios, insultantes, injuriantes o contrarios a las leyes a estas condiciones. Los comentarios no reflejan la opinión de DiarioJudio.com, sino la de los internautas, y son ellos los únicos responsables de las opiniones vertidas. No se admitirán comentarios con contenido racista, sexista, homófobo, discriminatorio por identidad de género o que insulten a las personas por su nacionalidad, sexo, religión, edad o cualquier tipo de discapacidad física o mental.
Artículo anteriorDescanse en paz Sr. Jacobo Zaidman Palkes Z”L
Artículo siguiente14 de octubre de 1906: Nace la intelectual Hannah Arendt