Le canular de Pourim d’une journaliste juive qui choque la Hollande

Diario Judío México - Le principal hebdomadaire juif des Pays-Bas est le plus vieux magazine commercial du royaume et l’une de ses publications les plus réputées.

C’est la raison pour laquelle de nombreux Néerlandais ont été choqués de lire mardi dans un éditorial rédigé par sa rédactrice en chef annonçant qu’elle partait s’installer en Israël du fait de l’antisémitisme croissant ici.

« Je pars pour le seul pays où se faire traiter de sale juif signifie simplement qu’il faut que je prenne un bain, » a ainsi écrit Esther Voet, l’éditrice en chef de longue date du Nieuw Israelietisch Weekblad, paru pour la première fois il y a 155 ans. Elle y citait « des développements politiques inquiétants » aux Pays-Bas, dénonçant en particulier Denk et Bij1 – de nouveaux mouvements populistes d’extrême gauche empêtrés dans des scandales d’antisémitisme.

Journaliste pleine d’esprit et parfois fougueuse qui partage son temps entre Amsterdam et Twitter, Esther Voet a laissé l’éditorial faire des vagues pendant quelque temps avant de faire savoir qu’il s’agissait juste de l’un des canulars élaborés du magazine pour Pourim – la fête juive célébrant la jovialité et la sottise.

Sa plaisanterie et la réaction suscitée ont néanmoins reflété les préoccupations profondes concernant l’avenir du pays, où trois personnes ont été assassinées lundi par un immigré turc lors d’une attaque terroriste présumée et où les incidents antisémites ont atteint des chiffres records l’année dernière.

Parmi ceux qui sont tombés dans le panneau : Paul Tang, le chef du Parti travailliste néerlandais au Parlement européen.

Une femme dépose des fleurs sur les lieux d’une fusillade, sur la place du 24 Octobre à Utrecht, Pays-Bas, le 19 mars 2019 (Crédit : John Thys/AFP)

« Quelle honte, pour plusieurs raisons », a-t-il commenté sur Twitter avant de souhaiter à la journaliste : « bonne chance et plein de succès dans votre nouvel endroit. »

Janine van Hulsteijn, un responsable politique local du parti au pouvoir, le Parti populaire libéral et démocrate, lui a écrit sur Twitter : « Je comprends vos raisons » et lui a souhaité bonne chance.

‏Autre victime de la blague d’Esther Voet : Gert-Jan Segers, député et chef du groupe parlementaire de l’Union chrétienne. Il lui a souhaité le meilleur et ajouté : « Je suis atrocement attristé que l’atmosphère ici s’assombrisse de plus en plus. »

Gert-Jan Segers s’est révélé bon joueur lorsqu’il a appris qu’il s’agissait d’une blague. Faisant montre de soulagement, il a déclaré : « J’ai appris quelque chose de nouveau sur les fêtes juives. » D’autres interlocuteurs se sont montrés moins compréhensifs, le militant travailliste Frits de Kaart la qualifiant de « blague écœurante ».

Certains médias traditionnels ont également été dupés par l’éditorial (dans lequel, accessoirement, les premières lettres des sept premières phrases formaient le mot Pourim en néerlandais). Le magazine VillaMedia, qui s’intéresse aux médias, a étrangement omis de son article les références d’Esther Voet à l’antisémitisme pour mentionner à la place son intention de faire plus de yoga en Israël.

Quant aux nombreuses personnes hostiles à la journaliste — elle sert de paratonnerre à la haine visant les Juifs et Israël — ils ont paru se réjouir de ce qu’ils ont pris pour argent comptant. Certains ont ainsi tweeté simplement « bon débarras, » d’autres ont réagi par des memes misogynes, dont un qui disait « bye bitch. »

Une croix gammée taguée dans la nuit sur le mur du musée Stedelijk à Amsterdam, le 22 février 2019 (Crédit : AP Photo/Peter Dejong)

Le fait que ce canular semble plausible à de nombreux de ses compatriotes (pour être honnête, j’ai failli le prendre au sérieux et en faire un article d’information) est symbolique de notre époque, a-t-elle laissait entendre.

Plus tôt ce mois-ci, l’organisme de veille sur l’antisémitisme CIDI, qu’Esther Voet a dirigé, a signalé 230 incidents l’année dernière, un chiffre record. L’un d’eux a vu un demandeur d’asile syrien briser les vitres d’un restaurant casher, tout en agitant un drapeau palestinien.

La semaine dernière, l’actrice Miryanna van Reeden, a fait savoir sur Facebook qu’un homme d’une cinquantaine d’années bien habillé lui avait dit « continue ta route, sale Juive, » alors qu’elle marchait près du musée de l´Histoire Juive.

Et dimanche, des militants anti-Israël ont tourné le dos au Grand-rabbin du pays, Binyomin Jacobs, pendant qu’il prononçait une oraison en l’honneur des victimes du massacre islamophobe en Nouvelle-Zélande.

Binyomin Jacobs, dont la maison a été la cible répétée d’attaques et à qui la police a conseillé d’éviter certains trains en raison de risque pour sa sécurité, avait déjà dit en 2014 que son épouse Bluma et lui auraient quitté le pays s’il ne s’était pas engagé auprès de ses fidèles.

Expliquant le canular de Pourim à ses abonnés non juifs sur Twitter, Esther Voet a indiqué que la fête était comparable au « Carnaval ou au 1er avril. Et plus [la blague] s’approche de la réalité, plus il est dur de la repérer. »

Pourim sameach !

FuenteTimes of Israel
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