Pour Netanyahu, tous les Israéliens sont égaux, mais certains plus que d’autres

Défendant la loi controversée de l’État-nation, Netanyahu renchérit sur la distinction provocante de la loi entre “droits individuels” et “droit à l’autodétermination nationale”

Diario Judío México - En juillet dernier, quelques jours après l’adoption du controversé projet de loi sur l’État-nation juif, le magazine Jerusalem Report avait congédié son caricaturiste de longue date, Avi Katz, pour avoir représenté les défenseurs du texte en porcs, pastichant « La Ferme des animaux », le classique de George Orwell de 1945.

Au-dessus de l’illustration, Avi Katz avait repris la phrase la plus célèbre du livre, « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres ».

On peut discuter de l’opportunité ou non de dessiner des Juifs en porcs. Mais dans le roman d’Orwell, ils représentent une classe dirigeante corrompue qui prétend que tous les animaux ont les mêmes droits alors que ce n’est pas le cas, et c’était clairement le point que Katz voulait faire valoir.

Les remarques du Premier ministre ce week-end au sujet de la loi suggèrent que l’illustration de Katz était parfaite, avec l’explication du Premier ministre sur le sens que la législation donne à l’égalité, qui correspond à celle du porc dans « La Ferme des animaux ».

Le débat relancé sur la Loi fondamentale : Israël – l’État-nation du peuple juif a commencé lorsque l’actrice et mannequin Rotem Sela s’est plainte du fait que la ministre Miri Regev du Likud a accusé ses adversaires politiques de vouloir former un gouvernement avec l’aide des partis arabes.

« Quel est le problème avec les Arabes ? » a écrit Sela sur son compte Instagram, qui compte des centaines de milliers d’abonnés. « Mon Dieu, il y a aussi des citoyens arabes dans ce pays. Quand diable quelqu’un au sein de ce gouvernement va-t-il dire au public qu’Israël est un État de tous ses citoyens et que tous les peuples ont été créés égaux, et que même les Arabes et les Druzes et les LGBT et – c’est un choc – les gauchistes sont tous des êtres humains ».

A la surprise générale, Netanyahu avait répondu à son message : « Chère Rotem, une correction importante : Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens. Selon la loi d’État-nation que nous avons adoptée, Israël est l’État-nation du peuple juif – et de personne d’autre », a-t-il écrit sur son propre compte Instagram.

« Comme vous l’avez écrit, il n’y a pas de problème avec les citoyens arabes d’Israël. Ils ont des droits égaux et le gouvernement Likud a investi plus que tout autre gouvernement pour la population arabe », a-t-il ajouté.

De toute évidence, la question était si importante pour lui qu’il l’a de nouveau soulevée lors de la réunion hebdomadaire du Cabinet de dimanche.

« Je voudrais clarifier un point qui, apparemment, n’est pas clair pour les gens un peu troublés dans l’opinion publique israélienne. Israël est un État juif et démocratique. Ce que cela signifie, c’est que c’est l’État-nation du seul peuple juif », a-t-il déclaré. « Bien sûr, il respecte les droits individuels de tous ses citoyens – Juifs et non-Juifs. Mais c’est l’État-nation, pas de tous ses citoyens, mais seulement du peuple juif ».

Les non-Juifs ont une « représentation nationale » dans d’autres États, a-t-il poursuivi. « La représentation nationale du peuple juif se trouve dans l’État d’Israël. Israël est l’État-nation du peuple juif et de lui seul ».

La loi sur l’État-nation, adoptée le 19 juillet 2018, stipule que « le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est spécifique au peuple juif ». Ce que cela signifie concrètement n’est pas clair.

« Les citoyens arabes d’Israël votent à nos élections, siègent dans notre Parlement, président nos tribunaux et ont exactement les mêmes droits individuels que tous les autres citoyens israéliens », a déclaré M. Netanyahu à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre.

Quels sont donc ces droits à l’autodétermination nationale qu’ils n’ont pas ?

Dans son discours à New York, le Premier ministre avait également avancé que des dizaines de pays « se définissent comme des Etats-nations d’un peuple particulier, même s’il y a de nombreuses minorités ethniques et nationales sur leur territoire ». Il n’a pas précisé lesquels.

Parlait-il de pays comme la République arabe syrienne, le royaume hachémite de Jordanie, la République arabe d’Égypte ou la République islamique d’Iran ? Il ne veut probablement pas imiter la façon dont ces États traitent les minorités.

Peut-être avait-il à l’esprit un pays comme l’Irlande, dont la constitution parle de la « nation irlandaise ». Si c’est le cas, on peut se demander ce qu’il penserait si Dublin adoptait une nouvelle loi disant que l’Irlande est l’État-nation du peuple irlandais et de personne d’autre.

Et que se passerait-il si le Bundestag déclarait que le droit à l’autodétermination nationale en Allemagne était propre aux Allemands de souche, la chancelière Angela Merkel insistant sur le fait que d’autres groupes, même s’ils ont la citoyenneté, doivent chercher une « représentation nationale » ailleurs ?

Bien sûr, il existe d’énormes différences entre les pays européens stables et sûrs et l’État d’Israël en proie à des troubles. Personne n’essaie d’effacer l’Allemagne de la carte ; personne ne remet en question le droit de l’Irlande à exister. En revanche, de nombreuses forces veulent la disparition du seul État juif du monde.

La démocratie robuste d’Israël – qui comprend la garantie de « l’égalité complète des droits sociaux et politiques à tous ses habitants », comme promis dans la Déclaration d’indépendance – a toujours été considérée comme d’une importance cruciale pour repousser les efforts de délégitimisation de l’État.

La distinction provocatrice de Netanyahu entre les « droits individuels » et le « droit à l’autodétermination nationale » n’a pas de sens dans la pratique – je veux dire par là que la loi de l’État-nation ne fait rien de concret pour garantir Israël comme État juif ou pour nier les droits des non-juifs en Israël – mais risque de dépeindre Israël comme une sorte de régime injuste appartenant aux porcs du roman d’Orwell.

Tous les Israéliens sont égaux mais, selon l’interprétation que Netanyahu fait de la loi, certains sont manifestement plus égaux que d’autres.

FuenteTimes of Israel
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