Diario Judío México - Par H. Varulkar*

Dans le contexte de l’escalade des tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, avec notamment l’incendie à l’ambassade saoudienne à Téhéran et la rupture consécutive des relations diplomatiques avec l’Iran, les clubs de football saoudiens ont exprimé leur appréhension face aux équipes iraniennes en Iran, à l’occasion de la Ligue des champions d’Asie. Le porte-parole du club a déclaré que les joueurs saoudiens avaient toujours rencontré de l’hostilité en l’Iran, et que dans les circonstances actuelles ils craignaient même pour leur vie. En réponse, la Fédération de football saoudien (SAFF) a annoncé qu’elle allait déposer une demande auprès de la Confédération asiatique de football (AFC), qui organise les matchs de la Ligue des champions, afin que les matchs irano-saoudiens se tiennent hors d’Iran.

Les clubs de football saoudiens refusent de jouer en Iran, affirmant craindre pour la vie des joueurs

Quatre clubs de football saoudiens – Al-Ahli, Al-Hilal, Al-Ittihad et Al-Nasr, qui représentent l’Arabie saoudite aux matchs de la Ligue des champions d’Asie 2016 – doivent jouer contre des équipes iraniennes, en Iran, à partir de février 2016. Toutefois, suite à l’incendie de l’ambassade saoudienne à Téhéran le 2 janvier 2016, le porte-parole de ces clubs a dit qu’ils craignaient pour la vie des joueurs saoudiens, et a demandé que les matchs contre des équipes iraniennes aient lieu dans un pays neutre.

Ainsi, le prince ‘Abd Al-Rahman bin Musaid, ancien président du club Al-Hilal, a tweeté : « Je dis à la Féderation [de football] saoudienne et à nos clubs qui participent à la Ligue des champions d’Asie : [Vous devriez ] demander que les matchs contre des équipes iraniennes soient transférés dans un pays neutre. Nous ne voulons pas aller chez eux, et nous ne voulons pas qu’ils viennent chez nous. »

Dans un autre tweet, il a appelé les clubs dans d’autres pays du Golfe à exprimer leur solidarité avec cette demande saoudienne, « car nous ne pouvons pas garantir la sécurité de nos fils quand ils seront dans ce pays ennemi [l’Iran] … » [2]

Les tweets d’Abd Al-Rahman bin Musa’id

‘Abdallah Al-Batterjee, le vice-président du club Al-Ahali, a aussi tweeté : « La direction de [notre] demandera à la Fédération de football [SAFF] qu’elle exige auprès de l’AFC le transfert de tous les matchs [du club] programmé contre les équipes persanes vers un endroit neutre. »[3]

Les tweets d’Abdallah Al-Batterjee

Le vice-président de la SAFF, Muhammad Al-Nuwaiser a rejoint ces appels, tweetant : “Il y a une crise entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Si l’Iran est incapable de protéger des ambassades, comment va-t-il protéger des stades ? Nous demandons que les équipes saoudienne et iranienne jouent dans un pays neutre.” [4]

Le tweet de Muhammad Al-Nuwaiser

Al-Nuwaiser a tenu des propos similaires dans un entretien avec le journal saoudien Al-Sharq Al-Awsat basé à Londres : “L’Iran ne respecte pas les traités [internationaux] et les accords qui protègent les représentations diplomatiques, donc il ne protégera sûrement pas les délégations sportives dans des stades où des milliers de supporters seront présents.”

Lire le rapport intégral en anglais

* H. Varulkar est directrice de recherche au MEMRI

Notes

[1] Voir Unprecedented Tension Between Saudi Arabia, Iran Following Execution Of Shi’ite Cleric Nimr Al-Nimr, 4 janvier 2016

[2] Twitter.com/abdulrahman, 2 janvier 2016

[3] Twitter.com/a_albatterjee, 2 janvier 2016

[4] Twitter.com/mohalnowaiser, 2 janvier 2016