Diario Judío México - Un haut-responsable du groupe terroriste du a vivement recommandé aux Palestiniens de la diaspora de tuer des Juifs partout à travers le monde.

Fathi Hamad, membre du bureau politique du , considéré comme partisan de la ligne dure et connu pour sa rhétorique féroce, a fait cette déclaration lors d’un discours prononcé à l’occasion d’un mouvement de protestation organisé dans la région frontalière entre la bande de Gaza et Israël, dans la journée de vendredi.

« Notre patience a atteint ses limites. Nous sommes au bord de l’explosion. Si le siège persiste, nous exploserons au visage de notre ennemi, avec la permission de Dieu et pour sa gloire. L’explosion n’aura pas seulement lieu à Gaza mais aussi en Cisjordanie, si Dieu le veut », a dit Hamad, se référant aux restrictions significatives placées par l’Etat juif sur le mouvement des personnes et des biens entre Israël et Gaza.

« Mais nos frères [dans la diaspora] sont encore en train de se préparer. Ils s’efforcent d’être prêts. Ils se préparent. Cela fait longtemps maintenant qu’ils se préparent. Tous parmi vous, les 7 millions de Palestiniens de la diaspora, sachez que le temps de cette préparation est dorénavant terminé. Il y a des Juifs partout dans le monde et nous devons attaquer tous les Juifs du globe en les massacrant et en les tuant, si Dieu le permet. La préparation est terminée », a-t-il asséné.

Israël explique maintenir les restrictions imposées sur les déplacements des personnes et des biens à Gaza pour empêcher le , groupe terroriste islamiste qui a juré de détruire l’Etat juif, et d’autres groupes terroristes d’importer des armes.

Un responsable du à Gaza a pris ses distance avec les propos de Hamad, insistant sur le fait qu’ils ne représentaient pas le positionnement officiel du groupe.

« Ce sont des déclarations personnelles qui ne représentent pas le . Il ne s’agit de rien de plus que de propos dits sous le coup de l’émotion en raison de la mort d’un de nos membres », a commenté ce responsable, qui s’est exprimé au Times of Israël sous couvert d’anonymat car non autorisé à s’exprimer à la presse israélienne.

« Notre problème, ce n’est pas les Juifs. C’est plutôt l’occupation et le mouvement sioniste qui occupe la Palestine », a-t-il ajouté.

Les manifestants palestiniens jettent des pierres en direction des forces de sécurité israéliennes au cours des manifestations le long de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 juillet 2019. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Jeudi, selon l’armée israélienne, les soldats auraient confondu un agent du Hamas qui tentait de maintenir le calme à la frontière pour un terroriste armé, le tuant d’une balle.

Le porte-parole arabophone du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Ofir Gendelman, a écrit dimanche sur Twitter qu’Israël « utilisera [ces propos] pour élargir ses soutiens et révéler le vrai visage du Hamas. Merci Fathi ! », a-t-il écrit.

Omar Shakir, directeur pour Israël et les Territoires palestiniens de Human Rights Watch, a âprement critiqué le Hamas pour ses déclarations qu’il a qualifiées « d’absolument abominables ».

« Les appels au meurtre sur la base de la religion n’ont pas leur place dans un mouvement pour la liberté et ils doivent être relégués dans les poubelles de l’histoire », a écrit Shakir sur Twitter dans la journée de dimanche.

Un certain nombre d’usagers des réseaux sociaux palestiniens et notamment Ahmad Abu Artema, activiste de Gaza, ont également dénoncé les propos de Hamad.

« Notre ennemi, c’est l’occupation, ce n’est pas les Juifs. Il y a de nombreux Juifs qui soutiennent les droits et la justice dans le monde », a-t-il écrit dans une publication postée samedi sur Facebook.

Dans son discours, Hamad a également semblé appeler les Palestiniens en Cisjordanie à commettre des attaques au couteau.

« Ô population de Cisjordanie, jusqu’à quand te tiendras-tu tranquille ? », a-t-il déclaré. « Nous voulons des couteaux. Cinq shekels. Quel est le prix de la nuque d’un Juif ? Cinq shekels ou moins ? », a-t-il continué.

Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch (HRW) pour Israël et les Territoires palestiniens. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les responsables du Hamas ont fréquemment encouragé et salué les attaques à l’arme blanche, à l’arme à feu et à la voiture-bélier en Cisjordanie et en Israël.

Durant l’année écoulée, Hamad a émis un certain nombre de commentaires incendiaires au sujet d’Israël.

A la fin du mois de juillet 2018, il avait appelé les musulmans à tuer les « Juifs sionistes ».

« Ô musulmans, partout où vous rencontrerez un Juif sioniste, vous devrez le tuer parce que c’est là une expression de votre solidarité avec la mosquée al-Aqsa et une expression de votre solidarité avec… votre Jérusalem, votre Palestine et… votre peuple », avait-il déclaré lors d’un discours prononcé à l’occasion de funérailles organisées dans la grande mosquée Omari de Gaza Ville.

Hamad a également clamé vendredi que le Hamas avait ouvert une usine de production de ceintures explosives et déclaré que si Israël ne mettait pas un terme à ses restrictions sur les déplacements, « vous allez mourir, tués par nos ceintures ».

Il a averti que des Palestiniens pourraient pénétrer sur le territoire israélien en utilisant la clôture entre Gaza et Israël, portant les ceintures.

Le Hamas et l’Etat juif ont passé des accords officieux de cessez-le-feu à plusieurs occasions au cours de l’année passée mais le groupe qui dirige la bande de Gaza a accusé Jérusalem de ne pas mettre en œuvre leurs clauses.

Les responsables au sein de l’enclave côtière ont affirmé que les trêves portaient sur l’arrêt des violences sur la zone frontalière en échange d’un allègement par Israël des restrictions sur les déplacements.