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Le 11 décembre 2015, l’animatrice égyptienne Duaa Salah est apparue à la télévision le visage maquillé comme celui d’une femme battue, pour protester contre la violence faite aux femmes. Deux semaines après la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, Salah a déclaré que « malheureusement, de nombreux acteurs et actrices égyptiens ont oublié ce jour » et « omis de se montrer et de parler de nos droits, les droits des femmes ».

La violence domestique reste un grave problème en Egypte, déclare-t-elle dans l’émission, diffusée sur Al-Nahar TV, et « malheureusement, certaines ont encore trop honte pour en parler ». Extraits :

Duaa Salah : Puis-je vous poser une question ? Puis-je poser une question à chaque femme qui nous regarde ? Puis-je poser une question aux hommes qui nous regardent,  tous âges confondus ? Combien d’entre nous sont restées à la maison afin que personne ne nous voie dans cet état ? Combien [de femmes] se sont abstenues de se rendre à l’université, à l’école ou au travail, afin que les gens n’assistent pas à ce spectacle ? Combien de femmes ont été élevées dans un foyer violent ? Battues par leur père, leur frère, et parfois même, je regrette de le dire, leur mère… Combien de femmes ont eu affaire, malheureusement, après leur mariage et leur rêve d’un nouveau foyer, à une autre forme de violence – la violence physique de l’homme envers sa femme ?

Dans nos sociétés et pays arabes, une femme sur sept est une femme battue, ou une femme qui subit des violences physiques. J’utilise le terme « battue », qui est un terme dur et affligeant. Vous qui nous regardez maintenant, avez-vous battu votre fille lorsqu’elle était petite ? Peut-être ne vous en souvenez-vous pas, mais elle si. Combien de fois avez-vous battu votre sœur ? Peut-être ne vous en souvenez-vous pas, mais elle si.

[…]

Malheureusement, dans les pays [arabes], aucune loi spécifique n’empêche la violence domestique que les jeunes filles connaissent à la maison.

[…]

37 % des femmes dans le monde sont victimes de harcèlement sexuel. Il ne s’agit pas seulement de coups, mais aussi de harcèlement sexuel. Malheureusement, 700 millions de filles se marient avant l’âge de 15 ans. C’est une tragédie.

[…]

Aujourd’hui, je parle des femmes, et j’espère que nos sociétés orientales y prêteront attention. Lors de la Journée internationale [de l’éradication de la violence contre les femmes], des actrices à travers le monde sont apparues dans l’état où je suis aujourd’hui. Je n’ai rien inventé. Mais malheureusement, beaucoup d’acteurs et d’actrices égyptiens ont oublié cette journée. Ils ont omis de se montrer et de parler de nos droits, des droits des femmes.

[…]

Dans nos sociétés arabes, nous n’avons pas vu les attractions touristiques s’éclairer en orange, en signe de soutien à la campagne [anti-violence]. Nous n’avons rien vu de la sorte. Nous n’avons pas vu d’actrices parler de ces sujets. Certaines ont admis avoir été battues et humiliées par leurs maris. De nombreuses femmes ont compris que lorsqu’elles se trouvent dans une telle situation, elles doivent revendiquer leurs droits légaux. Mais malheureusement, certaines sont toujours trop timides pour en parler.