Diario Judío México - Au cours des dernières 24 heures, l’Arabie saoudite a haussé le ton contre les Etats-Unis, en réponse aux récentes déclarations d’officiels américains, parmi lesquels le président Donald Trump, annonçant que l’Arabie saoudite serait punie si elle s’avérait responsable de la disparition du journaliste saoudien Jamal Al-Khashoggi, le 2 octobre 2018.[1] Une déclaration d’une « source officielle » saoudienne, publiée le 14 octobre 2018 par l’agence de presse officielle du royaume, a rejeté ces mises en garde, soulignant que des sanctions à son encontre susciteraient « des actions plus importantes » de sa part. Cette source a également observé que « l’économie du royaume tient un rôle influent et vital dans l’économie mondiale, et qu’elle ne peut être affectée sans conséquence sur l’économie mondiale ».[2]

Le journal saoudien Okaz titrait en une, en arabe et en anglais, « Ne testez pas notre patience », et était accompagné d’une illustration représentant un poing.

Le même jour, Turki Al-Dakhil, directeur général de la chaîne saoudienne Al-Arabiya, a publié un éditorial sur le site web de la chaîne, dans lequel il affirmait que la réponse de l’Arabie saoudite aux sanctions serait encore plus énergique que ne le laisse entendre le communiqué officiel. Intitulé « Les sanctions américaines contre Riyad signifieront que Washington se donne un coup de poignard », l’article avertit, citant des « sources proches des décideurs », que l’Arabie saoudite pourrait prendre 30 mesures « désastreuses » pour l’économie américaine. Parmi les mesures énumérées par Al-Dakhil figurent la réduction de la production de pétrole, qui pourrait faire monter le prix du pétrole à « 100 ou 200 dollars le baril », voire plus ; un boycott économique saoudien contre les Etats-Unis ; une suspension de la coopération en matière de renseignement et d’antiterrorisme avec l’Occident ; un rapprochement avec l’Iran, le Hamas et le Hezbollah, et avec les rivaux de l’Amérique – la Russie et la Chine – au point d’autoriser la création d’une base militaire russe sur le sol saoudien. Extraits de l’article d’Al-Dakhil : [3]

Turki Al-Dakhil (Photo : alarabiya.net)

J’ai lu la déclaration publiée par le gouvernement saoudien en réponse aux propositions américaines d’imposer des sanctions contre l’Arabie saoudite. Les informations qui circulent dans les cercles des décideurs saoudiens adoptent un ton plus sévère que celui de cette déclaration, et évoquent plus de 30 mesures que l’Arabie saoudite prendrait en réponse à l’imposition de sanctions contre Riyad… Ce sont des scénarios qui seront plus désastreux pour l’économie américaine que pour l’économie saoudienne.

Si des sanctions américaines sont imposées à l’Arabie saoudite, nous ferons face à une catastrophe économique qui ébranlera le monde, car Riyad est la capitale mondiale du pétrole, et la prendre pour cible affectera la production de pétrole, avant tout autre produit essentiel. Par exemple, l’Arabie saoudite ne sera plus obligée de produire 7,5 millions de barils [par jour]. Si le prix de 80 dollars [le baril] a exaspéré Trump, il [devrait savoir] que ce prix pourrait passer à 100 ou 200 dollars, voire même le double. En outre, le pétrole peut être vendu et acheté en devise chinoise, au lieu du dollar. [Notons que] le pétrole est actuellement le produit le plus important qui s’achète et se vend en dollars. Tout cela poussera le Moyen-Orient et le monde musulman dans les bras de l’Iran, qui deviendra plus proche de Riyad que Washington.

Voilà pour le pétrole. Mais l’Arabie saoudite n’est pas simplement un baril de pétrole, elle est aussi le leader du monde musulman, grâce à son statut et à son emplacement. [Si des sanctions sont imposées,] l’étroite coopération et [l’échange] de renseignements entre les Etats-Unis et les pays arabes, dont les officiels occidentaux eux-mêmes ont reconnu qu’ils aidaient à protéger des millions de gens en Occident, appartiendront au passé.

L’imposition de sanctions occidentales, de quelque nature que ce soit, à l’Arabie saoudite pourrait l’inciter à [privilégier] d’autres options, que Trump a lui-même évoquées il y a quelques jours. La Russie et la Chine sont des [pays] alternatifs pouvant répondre aux besoins, militaires et autres, de l’Arabie saoudite. L’une des conséquences de ces sanctions pourrait être [la création] d’une base militaire russe à Tabuk, au nord-ouest de l’Arabie saoudite, dans la région en feu des quatre [pays] que sont la Syrie, le Liban, Israël et l’Irak. [Une autre] conséquence de telles sanctions serait que le Hamas et le Hezbollah passeraient d’ennemis à amis. En outre, un rapprochement avec la Russie entraînerait un rapprochement avec l’Iran, et peut-être même une réconciliation avec ce dernier.

Il est fort probable que l’Arabie saoudite cessera d’acheter des armes à l’Amérique. L’Arabie saoudite est le client le plus important des sociétés américaines, car elle achète 10 % de ce que vendent les producteurs d’armes américains, et 85 % de ce que vend l’armée américaine, ce qui ne laisse que 5 % pour le reste du monde. Ceci s’ajoute au retrait des investissements saoudiens des Etats-Unis, qui s’élèvent à 800 milliards de dollars. Les Etats-Unis seront également boycottés par le marché saoudien, [qui représente] l’une des 20 plus importantes économies mondiales.

Ce ne sont que [quelques] mesures simples, parmi les 30 mesures directes que prendra l’Arabie saoudite, sans ciller, si des sanctions sont imposées, comme l’indiquent des sources saoudiennes proches des décideurs. Dans la  pratique, en imposant des sanctions à l’Arabie saoudite, les Etats-Unis poignarderont à mort leur propre économie, pensant ne poignarder que l’Arabie saoudite.

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Dans des déclarations faites le 14 octobre 2018 sur CBS concernant l’affaire Khashoggi et la possible implication de l’Arabie saoudite, Trump a déclaré : « Cela renferme quelque chose de vraiment terrible et répugnant, si c’était le cas. Aussi nous allons devoir vérifier. Nous allons approfondir cela et il y aura une punition sévère » (cbsnews.com, 14 octobre 2018).

[2] Al-Watan (Arabie saoudite), 14 octobre 2018.

[3] Alarabiya.net, 14 octobre 2018

 

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