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Le 26 novembre 2019, le réseau Al-Iraqiya (Irak) a diffusé une émission plaçant face à face Ashwaq Haji Hamid, jeune yazidie qui fut prisonnière de l’Etat islamique, et Abou Humam, son violeur de l’EI quand elle fut sa captive, à l’âge de 14 ans : un gang de l’EI l’avait enlevée et emmenée à Mossoul avec 300 ou 400 autres yazidies, dont la plus jeune avait neuf ans. Elle raconte avoir été séparée de sa famille et de ses sœurs et relate comment les yazidies ont été vendues ou offertes aux membres de l’EI en Irak et en Syrie. Elle décrit comment Abou Humam l’a choisie pour la violer plusieurs fois par jour.

Hamid est ensuite conduite devant le prisonnier Abou Humam et lui fait face, en larmes : « Pourquoi m’as-tu fait ça ?… Ressens-tu quelque chose ? As-tu de l’honneur ? » Hamid et d’autres filles avaient réussi à s’échapper en droguant leurs ravisseurs de l’EI . Extraits :

Ashwaq Haji Hamid : J’avais environ 14 ans lorsque j’ai été arrêtée par les gangs terroristes de l’Etat islamique. […] Nous sommes arrivées en Syrie à minuit. Nous étions inquiètes et ne savions pas ce qu’il adviendrait de nous et si nous serions tuées ou non. Nous avons toutefois trouvé un certain réconfort dans le fait d’être ensemble : nous allions vivre ou mourir ensemble. Mais ensuite, ils nous ont séparées les unes des autres. […]

Là-bas, en Syrie, les terroristes de l’EI ont séparé toutes les filles âgées de plus de neuf ans de leurs parents. On nous a emmenées à Mossoul. […]

Nous étions 300 ou 400 femmes à Mossoul. Nous y sommes restées trois jours. Les hommes de l’EI venaient nous voir. Ils nous échangeaient entre eux comme cadeaux, ou nous vendaient pour pas cher. […]

Nous étions six sœurs, mais seules l’une de mes sœurs et moi-même sommes restées à Mossoul. Mes autres sœurs, mes cousines et d’autres femmes ont été emmenées en Syrie. […]

Ma petite sœur était avec moi. Je ne pouvais pas la laisser toute seule. J’ai décidé que je la protégerais, même si cela me coûtait la vie. […]

« Abou Humam » : Elles ont été remises aux hommes qui ont participé au raid sur Sinjar. Certaines ont été offertes en cadeau et d’autres ont été vendues. […]

Je me suis rendu [dans une pièce] où se trouvaient cinq esclaves. [Abou Hilal] m’a dit : « On a tiré au sort et tu as reçu cette fille esclave, Ashwaq. » […]

Ashwaq Haji Hamid : Abou Humam m’a choisie et il m’a tiré par les cheveux. Je ne m’attendais pas à ce qu’ils nous violent, parce que je n’avais que 14 ans. Mais ils nous ont attachées avec des menottes de fer et nous ont brutalement violées. […]

Ils nous ont violées l’une après l’autre. Abou Hilal a violé trois filles, Abou Anas en a violé une autre et Abou Humam m’a violée.

« Abou Humam » : Elle avait 14 ans, née en 1999. […] Je l’ai emmenée le soir même et je l’ai violée le lendemain, plus ou moins. Elle ne voulait pas, alors je l’ai battue pour qu’elle accepte le viol. Elle a été violée le lendemain, plus ou moins…. le lendemain, après le viol, nous sommes allés voir le juge, et elle a officiellement été inscrite à mon nom. […]

Ashwaq Haji Hamid : Il n’arrêtait pas de me promettre qu’il me laisserait partir, mais il me violait trois fois par jour et me battait trois ou quatre fois par jour. Je n’étais qu’une enfant et je ne connaissais rien. J’ai essayé de lutter contre lui et de le repousser quand il essayait [de me violer]. Pas un jour ne passait sans qu’il me batte trois ou quatre fois. […]

Même si on me donnait le droit de le tuer, je ne voudrais pas avoir sa saleté sur les mains, mais j’exige que le gouvernement nous rende justice ; il ne s’agit pas seulement de moi, car qui sait combien de filles yazidies il a violées après moi. […]

Journaliste : Le vœu d’Ashwaq de rencontrer son violeur, le terroriste Abou Humam, a finalement été exaucé, et elle l’a vu, pitoyable, entre les mains des forces de sécurité.

Ashwaq Haji Hamid : Abou Humam, lève les yeux. Pourquoi m’as-tu fait ça ? Pourquoi ? Parce que je suis yazidie ? J’avais 14 ans quand tu m’as violée. Lève les yeux. Tu ressens quelque chose ? Tu as de l’honneur ? J’avais 14 ans, l’âge de ta fille, de ton fils ou de ta sœur. Tu as détruit ma vie. Tu m’as volé tous mes rêves. J’étais détenue par l’EI, par toi, mais maintenant tu vas sentir ce que signifient le tourment, la torture et la solitude. Si tu ressentais quoi que ce soit, tu ne m’aurais pas violée quand j’avais 14 ans, l’âge de ton fils, l’âge de ta fille….

Ashwaq s’évanouit et s’effondre à terre. […]